Il a commencé sa carrière dans les bassins puis épousé la passion de son père pour voir naître le triathlète qu’il est. Oussama Hellal Berrouane a su dompter les concours de circonstances défavorables de la vie et maintenir ses rêves à flot tout en soignant son cycle de progression sur son vélo pour devenir un champion. Aujourd’hui, il rêve d’être le porte-drapeau d’Algérie d’une discipline nouvelle : le triathlon. Pour lui : l’objectif majeur reste la participation aux Jeux Olympiques à Paris dans un peu moins de 5 ans. Il compte s’y consacrer pleinement. Retour sur un itinéraire plein d’embuches bravées au prix d’une inébranlable détermination.

A 22 ans, il voit les choses en grand et il a un immense rêve : être présent lors des Olympiades parisiennes en 2024. Oussama Hellal Berrouane restera à jamais le premier algérien à avoir décroché un podium dans une compétition continentale. C’était fin août dernier quand il avait terminé en bronze du triathlon aux Jeux Africains 2019 à Rabat. Une médaille historique pour une spécialité installée tout récemment dans le paysage sportif algérien.
La performance est donc significative compte-tenu de la « novicité » du triathlon algérien : « Je peux qualifier notre prestation d’exploit, du moment que le triathlon n’est qu’à ses débuts en Algérie, comparativement aux autres nations, dont nos voisins tunisiens et marocains qui ont pris beaucoup d’avance sur nous. Aussi, nous n’avons pas bénéficié d’une préparation idéale pour aborder cette compétition dans les meilleures conditions possibles », estime celui qui a aussi pu gagner l’argent dans le « par équipes ».
D’ailleurs, on notera que la Fédération de ce sport n’a pas encore été agréée. Ce qui rend sa promotion et vulgarisation très compliquée. C’est pourquoi les triathlètes doivent investir de leur propre argent pour assurer la préparation.

Natation – triathlon : le basculement
En l’espace de 11 années, il est passé d’un nageur à un triathlète. Une évolution dictée aussi par certaines péripéties de la vie. Des pépins physiques surtout et des soucis avec son épaule. Une chute de vélo (tiens tiens) est venue lui martyriser une articulation dont l’élasticité est très importante dans la nage.
Né à Oran, comme un certain Salim Iles qui est une figure de la natation algérienne, il était encadré par un autre nageur connu du circuit : Sofiane Benchekor ainsi que Yassine Mediene son autre coach. Avec ces deux hommes, Oussama dit avoir « beaucoup progressé. Je me voyais capable d’aller au bout de mes ambitions et cela se traduisait dans mon parcours lors des différentes compétitions régionales et nationales.»
Mais il se trouve qu’après l’incident cycliste lors d’une virée avec le père, le rendement dans l’eau n’était plus le même. Et c’est à ce moment que le plan de carrière a été modifié : « après m’être rendu compte que mes prestations en natation allaient régresser à cause de ma blessure, je me suis intéressé au triathlon, un sport peu pratiqué en Algérie mais qui m’a impressionné, car il me permettait de m’exprimer dans mes deux disciplines préférées, à savoir la natation et le vélo, en plus de la course à pied », a raconté le jeune algérien qui a fait son baptême du feu en triathlon il y a 3 ans. C’était en 2016 à l’occasion de la Coupe d’Afrique au Maroc suivie d’une participation aux Jeux méditerranéens (JM) 2017 à Tarragone, en Espagne. Il avait fini 15e sur 29 concurrents.

L’appel aux autorités
Malheureusement, pour les joutes régionales, il ne pourra pas voir s’il a progressé par rapport à l’édition espagnole. El-Bahia, la ville qui l’a vu naître n’accueillera pas le triathlon lors des JM2021 : « c’est vraiment dommage que le triathlon ne soit pas inscrit au programme des prochains JM. Je tablais énormément sur une médaille d’or à la maison sous les encouragements de mes proches et amis », regrette Berrouane qui note, néanmoins, que ce nouveau contretemps ne va pas le décourager. Toujours déterminé à aller de l’avant il a révélé s’être « tracé un objectif plus valeureux, celui de me qualifier aux JO-2024 à Paris, étant donné que les dés sont déjà jetés pour les prochains Jeux à Tokyo en 2020.»
Pour être là au rendez-vous parisien, il faudra s’investir athlétiquement mais aussi financièrement. Sans instance fédérale, cela s’annonce un peu compliqué : « Je souhaiterais que les autorités sportives du pays viennent à mon aide pour exaucer mon rêve, celui de participer à la plus importante compétition planétaire, à savoir les JO », c’est l’appel lancé par l’Oranais qui assure : « je m’entraîne d’arrache-pied pour progresser davantage, mais mon seul handicap a trait au volet financier. Il faut avoir des moyens conséquents pour participer aux compétitions internationales, lesquelles sont synonymes de points exigés pour valider mon billet pour les JO.»
La détermination est palpable pour un Dz qui ne se fixe pas de limite. Qui a le souffle long car il est aussi fan d’apnée (niveau P2) et champion d’Algérie 2018-2019 sur longue distance avec palmes. Un tout-terrain engagé dans une discipline où il faut être une force de la nature pour braver l’eau, le vent, la chaleur et tant d’autres conditions. Oussama a le plus déterminant des éléments : l’abnégation. n