Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a inauguré, jeudi, la 26e édition de la Foire  de la production algérienne (FPA), qui se tient au niveau du Palais des expositions  de la Safex, Alger, du 21 au 27 décembre. Organisée cette année sous le thème « Economie diversifiée et performance à l’export », cette manifestation voit la participation de 483 exposants avec 169 entreprises publiques et 314 entreprises privées.

Lors de sa visite, le Premier ministre a exhorté les différentes entreprises algériennes à s’impliquer davantage dans la diversification de l’économie nationale en augmentant leurs taux d’intégration pour réduire les importations. Ces entreprises doivent également adopter une démarche plus agressive en matière d’exportation, a souligné M. Ouyahia, partant du principe que, dans un marché mondialisé, la concurrence des pays émergents s’ajoute à celle des pays développés, ce qui rend la tâche rude de trouver de nouveaux débouchés pour les opérateurs nationaux.
D’autre part, le Premier ministre a appelé les entreprises exposantes dans différents secteurs à éviter de recréer des productions déjà existantes en abondance sur le marché, notamment dans les secteurs de l’électronique et l’électroménager. « Il faut de la rationalité, si nous avons cinq ou six nouvelles entreprises qui démarrent, c’est bien, mais si elles font toutes la même chose, qu’est-ce que cela pourra nous apporter en termes macro-économique ? », a-t-il interrogé.
Ahmed Ouyahia a, en outre, invité les opérateurs privés à s’associer, notamment dans le cadre du Forum des chefs d’entreprise (FCE) pour investir le domaine du fret aérien et maritime dans l’optique de réduire le coût du transport des produits exportés.
Ce qui permettra, a-t-il fait remarquer, d’assurer plus de compétitivité en termes de coût. Il y a quelques jours, lors de la première opération d’exportation de ciment, effectuée par Lafarge Holcim Algérie en direction de la Gambie, le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri, avait interpellé les pouvoirs publics dans l’objectif d’une révision des modalités d’export de certains produits, à l’exemple du ciment, à travers notamment le soutien apporté dans le cadre du Fonds spécial pour la promotion des  exportations (FSPE).
Par ailleurs, Ahmed Ouyahia a appelé les opérateurs à accompagner le gouvernement dans sa volonté de réduire les importations pour préserver les réserves de changes, « et par conséquent, l’indépendance financière du pays », a-t-il indiqué. Or, ces mêmes réserves de changes se sont établies à 98 milliards de dollars à fin novembre 2017, selon ce qu’a indiqué M. Ouyahia. « Lorsqu’on avait 174 milliards de dollars (de réserves de changes), l’Algérie importait 500 000 véhicules/an pour 6 milliards de dollars mais, aujourd’hui, nous n’avons que 98 milliards de dollars à novembre. Nous n’avons pas arrêté d’importer ce nombre de véhicules pour importer 600 000 kits », a-t-il dit à un concessionnaire intéressé par l’activité d’assemblage de voitures en Algérie. Il faut savoir que selon les prévisions du ministre des Finances, le matelas de devises devrait s’établir à 85,2 milliards à fin 2018 (l’équivalent de 18,8 mois d’importations), et à 79,7 milliards en 2019 (18,4 mois d’importations) avant d’atteindre 76,2 milliards en 2020 (17,8 mois d’importations).