Les zones industrielles vont connaître une nouvelle évolution avec la signature prochaine d’un décret destiné à mieux organiser ces espaces et y faire une place pour les start-ups.

L’annonce de ce texte de loi a été faite hier par le Premier ministre, en visite dans la région de Djelfa. «Nous sommes sur le point de signer un décret exécutif portant organisation des zones industrielles, qui connaissent une certaine anarchie», a déclaré Abdelaziz Djerad lors d’une halte d’inspection dans une unité de recyclage de papier à Aïn Ouessara.
Le gouvernement «veillera à la répartition transparente et à l’organisation rationnelle du foncier industriel (…). Les superficies destinées à l’investissement et qui n’ont jamais été exploitées seront récupérées et attribuées à de véritables investisseurs», a ajouté le Premier ministre.
Ainsi, l’Exécutif devrait boucler un dossier vieux de plus d’une vingtaine années et qui a saturé depuis le tournant des années 2000, jusqu’à épuisement, mais sans résultat, selon les associations patronales et les parties concernées, les discours et les commentaires sur le monde de l’entreprise et l’investissement en Algérie.
Le dossier du foncier industriel a été relancé par le ministre de l’Industrie dès son arrivée à la tête de ce département. En début d’année, Ferhat Aït Ali Braham avait déclaré son intention de le revoir et de le corriger. En juillet dernier, il l’avait abordé en Conseil des ministres avec davantage de propositions qui devraient ressortir dans le décret annoncé par le Premier ministre, en proposant la récupération des assiettes non exploitées et la mise en place d’un programme urgent de réhabilitation.
Le ministre avait évoqué l’adoption d’une approche différente et l’aménagement de nouvelles zones d’activités et industrielles. Il avait également mentionné la création de micro-zones industrielles dédiées à la micro-entreprise et à la start-up ; un sujet d’actualité depuis la décision de création d’un fonds dédié à l’encouragement de leurs activités, ainsi que l’ouverture aux industriels d’unités publiques en situation d’abandon. En termes d’orientation, le chef de l’Etat s’est exprimé sur les zones industrielles dès février 2020, en instruisant le ministre de l’Industrie mais également celui chargé de la Micro-entreprise, des start-ups et de l’Economie de la connaissance de mettre à profit les zones industrielles non exploitées et à promouvoir les zones d’activité, étant les plus proches de la réalité des communes. M. Tebboune avait mis l’accent également sur l’impératif d’assainir le foncier industriel existant avant de réfléchir à la création de nouvelles zones industrielles. Il avait ordonné d’empêcher l’accès au foncier industriel à des «aventuriers» afin de ne pas reproduire les erreurs du passé et préserver le parc foncier national.
Dimanche, 31 mai, le chef de l’Etat avait une nouvelle fois signalé en Conseil des ministres «l’urgence d’assainir le foncier industriel à travers la création d’agences appropriées pour la gestion du foncier dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et de l’urbanisme». n