L’évènement commercial le plus important de l’année a été inauguré par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia et une partie importante de son gouvernement. A la coupure du ruban, en effet, on a pu apercevoir plusieurs de ses collaborateurs, dont Abdelkader Messahel, des Affaires étrangères, Yousef Yousfi de l’Industrie, Saïd Djellab du Commerce.

Les journalistes venus couvrir l’ouverture de la manifestation ont également noté la présence des ministres de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, de la Poste et Télécommunications, Houda Imane Feraoun, et de l’Habitat Abdelwahab Temmar… Dans le cortège inaugural, il y avait aussi des ambassadeurs, des représentants diplomatiques ainsi que les chargés d’affaires des pays accrédités en Algérie et participants à la nouvelle édition de la FIA. Le chef de l’Exécutif est arrivé à la Safex des Pins-Maritimes aux alentours de 15 heures. Il a entamé sa visite par les stands des entreprises nationales publiques et privées. Un parcours qu’il a commencé par la représentation d’Air Algérie avant de se diriger vers celles des autres groupes et entreprises venus proposer leurs produits dans ce qui est considéré comme une vitrine des acteurs économiques et industriels algériens et étrangers et un espace festif ouvert, comme de tradition, au grand public dans sa diversité et dans ses goûts de consommation… Pendant près de deux heures, Ahmed Ouyahia a, ainsi, visité patiemment tous les stands du pavillon central en s’attardant tout particulièrement dans celui du pays hôte et invité d’honneur, la Chine, désormais premier partenaire économique et commercial de notre pays et dont la participation massive cette année coïncide avec le 60e anniversaire de l’établissement des relations économiques entre Alger et Pékin. Le Premier ministre s’est également rendu au pavillon de la Turquie, pays classé au second rang en termes d’entreprises présentes à la foire après la soixantaine d’entités économiques et commerciales chinoises. Il a naturellement visité d’autres espaces et lieux d’exposition en tenant un discours plutôt cadré et centré sur deux thèmes essentiels.
Bataille de l’intégration industrielle
Pour les entreprises algériennes, Ahmed Ouyahia a insisté sur la bataille de l’intégration industrielle. Les questions qu’il a posées aux responsables des stands ont porté également sur le taux d’intégration et de maîtrise industrielle. Pour les entreprises internationales, il a insisté tout particulièrement sur la volonté de l’Algérie d’aller vers un partenariat inclusif du savoir et du savoir-faire industriel et technologique et vers une relation « gagnant-gagnant » centrée sur l’investissement durable. C’est, en résumé, le discours qu’il a tenu devant les responsables du pavillon France pour passer le message selon lequel il y a des affaires à créer et réussir dans notre pays à condition qu’elle ne soient plus soutenues par la seule logique commerciale. Dans sa course parmi les stands, le Premier ministre a ainsi délivré des messages de nature politique aux partenaires étrangers et dont la synthèse pourrait se trouver dans la phrase qu’avait eue avant lui le ministre du Commerce Saïd Djellab lors de la conférence de presse annonciatrice de la FIA 2017 : « Nous ne voulons pas être qu’un marché d’écoulement » pour les produits des autres mais un foyer d’investissements d’intérêts réciproquement partagés. Le grand enjeu, a-t-il laissé entendre par ses mots, ses petites phrases, est d’aller vers la diversification de l’outil économique et industriel algérien. D’où sa question récurrente aux entreprises algériennes exposantes sur la nature de leur activité et des taux d’intégration réalisés par leurs unités de production et leur potentiel à l’export.

Situation financière du pays toujours difficile

Toujours en ce qui concerne l’actualité économique et financière du pays, Ahmed Ouyahia a confirmé la préparation d’une loi de finances complémentaire «dont le projet sera prêt d’ici une à deux semaines ». « La situation financière du pays est toujours difficile, nous travaillons actuellement avec des emprunts, et malgré cela, vous verrez que lorsque la LF2018 complémentaire sera établie, nous ne lèverons pas de crédits supplémentaires car nous devons veiller à la rigueur du budget. En revanche, nous augmenterons les autorisations de programme pour permettre de faire avancer quelques projets », a précisé le Premier ministre. Le projet de loi qui devra compléter la loi de finances 2018 sera examiné par le Conseil des ministres dans une quinzaine de jours, a encore souligné M. Ouyahia, sans commentaire sur la rumeur selon laquelle cet examen devait avoir lieu aujourd’hui mais qu’il a été ajourné sur instruction de la présidence de la République.