Pour la date FIFA de novembre et la double-confrontation face au Zimbabwe (3-1/2-2), le portier de l’équipe nationale, Raïs M’Bolhi, a soufflé le chaud et le froid. Parfois tranchant dans ses interventions, d’autres moins serein, le keeper des « Fennecs » n’était pas irréprochable sur la réduction du score et – surtout – l’égalisation zimbabwéenne à Harare. Malgré cela, les supporters de l’EN lui ont, unanimement, témoigné leur soutien.

C’est pardonné pour tous les services rendus depuis ses débuts avec la tunique des « Verts ». C’était le son de cloche commun sur les réseaux sociaux pour décharger M’Bolhi de cette petite contreperformance réalisée par notre sélection à Harare. Si la main du dernier rempart aurait pu être plus ferme sur la seconde réalisation des hôtes, les Algériens semblaient flexibles avec Raïs qui reste, à leurs yeux, le numéro 1 d’« El-Khadra ».

Classe « Mondial »
Ces sympathie et réconfort trouvent explication dans une longévité de presque 12 années au service des « Guerriers du Désert ». On parle d’un international qui a compilé 75 sélections et réalisé 28 clean sheets depuis ses débuts dans les cages un certain 28 mai 2010 à Dublin (Eire) quand l’Algérie préparait la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud.
Lors de cette empoignade face aux Irlandais (défaite 3-0), il avait eu droit à 28 minutes en remplaçant Faouzi Chaouchi. Mais c’était lors du Mondial qu’il a pu montrer toute l’étendue de son talent en sortant une prestation XXL contre l’Angleterre (0/0). Avec la CDM, l’actuel sociétaire d’Al-Ettifaq (Arabie saoduite) a une histoire spéciale. D’ailleurs, 4 années plus tard, au Brésil, il a sortie une nouvelle « masterclass » face à l’Allemagne en compilant 10 parades à l’occasion de l’historique 1/8 de finale du Mondial 2014 au Brésil.

71 buts concédés, et après ?
M’Bolhi a toujours était important car il fait partie de la colonne vertébrale de l’EN. A partir de là, cette omniprésence rend la critique délicate et difficile tant on voit s’y mêler sentimentalisme et émotion. M’Bolhi s’est approprié les gants du titulaire au sein des Verts. La seule coupure était lors du passage calamiteux de Rabah Madjer sur le banc algérien.
Une mise à l’écart de courte durée puisque Djamel Belmadi l’a vite remis comme titulaire du poste. Décision importante tant le portier, qui a concédé 71 buts à l’international, a su dirige la défense lors de la CAN-2019 remportée en Égypte grâce, il faut le rappeler, à une dernière ligne solide qui n’a concédé que 2 buts. Toutefois, on peut craindre que son niveau ne soit plus le même 1 an et demi après.
Capable du meilleur comme du pire
Un peu inquiétant en octobre dernier contre le Mexique, 1 mois après, il n’a pas franchement rassuré. A l’image de tout le bloc équipe d’ailleurs. Contre le Zimbabwe, il serait ingrat de ne pas mentionner que M’Bolhi a sorti certains arrêts décisifs. On se remémore ces deux sauvetage du pied, un en première période et l’autre en seconde, au stade 5 juillet 1962 (Alger). On relèvera aussi ses hésitations pour sortir prendre le ballon par moments.
Pour le match ‘’retour’’ de lundi à Harare, on ne peut pas dire qu’il a dégagé sa légendaire assurance. Une mauvaise lecture de trajectoire (12’) sur un long ballon (cela devient récurrent donc inquiétant) qui a failli profiter à Kadawere, une frayeur sur un crochet risqué après le quart d’heure de jeu, un coup franc sur lequel il est resté scotché sur sa ligne et, pour finir, une faute de main sur le nivèlement de la marque adverse dans les 10 dernières minutes, c’était les séquences à retenir de son rendement.

Oukidja, pas plus qu’une doublure ?
Beaucoup trop d’approximations qui font presque oublier qu’il avait retardé la réduction du score en détournant la minasse de Musona (41’) sur sa barre et cette tête de Khama Billiat sortie à bout portant d’une magnifique claquette (56’) le privant d’égaliser. A ce moment, il offrait les points de la victoire à l’EN. A peine 20 minutes plus tard, son intervention peu académique sur la reprise de Prince Dube et sa faute de main ont fait perdre deux unités à l’Algérie.
Sincèrement, on ne sait pas trop si cela est suffisant pour remettre en question son statut de titulaire. Surtout qu’Alexandre Oukidja, qui ne compte que 3 capes, affiche une belle forme avec le FC Metz depuis deux saisons maintenant. Aussi, il y a Azzedine Doukha, 3e dans la hiérarchie, qui a besoin de l’alignement des astres pour jouer.
Le sentiment est étrange. Comme le visage de M’Bolhi souvent impassible qui ne laisse rien transparaitre. Quand il frôle les bourdes, il préfère en sourire.
Comme une forme d’insouciance. Et l’insouciance n’est pas toujours mauvaise chose. Mais elle n’est pas bonne non plus.
Même si son rendement peut être contesté, Raïs semble, aux yeux de nombreux Algériens, incontestable.