A l’occasion du 45e anniversaire de la naissance du Polisario, les Sahraouis se disent plus que jamais déterminés à poursuivre la lutte pour leur droit à l’autodétermination. Malgré les accusations de plus en plus extrêmes du Maroc, les Sahraouis semblent résolus à aller de l’avant malgré l’adversité.

Pour eux, Rabat est un adversaire qui ne s’embarrasse d’aucun scrupule, quitte à inventer des accusations peu plausibles pour charger des Etats particulièrement loin de ces imputations. Le Maroc, et sans doute en raison de ses engagements avec les pays du Golfe, vient de passer à des niveaux de manœuvre particulièrement inégalés. Rabat a essayé de présenter le Polisario comme un acteur d’un certain activisme iranien via le mouvement libanais Hezbollah. Cette accusation surréaliste, tant elle paraît loin de la réalité, et qui a fait sourire les observateurs du conflit sahraoui, pourrait être symptomatique de l’inquiétude de plus en plus apparente de Rabat, notamment depuis la prolongation de la Minurso en avril dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU pour seulement six mois. Alors que le Maroc ayant pesé de tout son poids pour infléchir le Conseil de sécurité en sa faveur, le ton du texte onusien est resté dans l’insistance sur la nécessité pour les deux protagonistes de progresser dans la recherche d’une solution politique « réaliste, pragmatique et durable ». L’objectif du Maroc étant de discréditer le Polisario auprès de l’administration Trump, engagée dans une offensive anti-iranienne particulièrement virulente. Une offensive qui risque de déboucher sur une déflagration au Proche-Orient.
Le Maroc qui avait misé sur Hillary Clinton comme futur président des Etats-Unis, croyant pouvoir avoir son soutien dès son accession à la Maison-Blanche, a vite déchanté avec l’arrivée de Donald Trump, un président imprévisible et semblant au départ peu intéressé par les sujets internationaux. Aujourd’hui, Rabat tente de faire de la séduction envers Washington.

La mise perdante de Rabat

Cette nouvelle guerre du Maroc imposée au Polisario, empreinte de tentatives de discréditer le mouvement indépendantiste aux yeux de l’opinion mondiale et  des puissances internationales, capables d’infléchir la situation en leur faveur, n’est pas nouvelle. Rabat avait déjà accusé les Sahraouis de collusion avec les deux mouvements terroristes activant dans la région du Sahel, Aqmi et Daech. Des accusations qui se sont vite estompées tant elles paraissaient peu crédibles, le Polisario ayant toujours eu, depuis 45 ans, une posture de résistance reposant sur une ligne claire. Sur l’accusation de collusion avec le mouvement de résistance libanais Hezbollah, il est évident que la Maroc a tenté de faire d’une pierre deux coups : plaire à Riyad et mettre dans l’embarras l’Algérie en prenant soin d’associer l’ambassade iranienne à Alger. Mais les cris au loup de Rabat ont du mal à résister aux faits. Le Hezbollah, qui s’est donné comme objectif de résister contre l’occupant israélien qui occupe toujours des territoires libanais des fermes de Chebaa, n’a jamais activé en dehors du Liban, hormis son intervention en Syrie pour des raisons stratégiques, notamment celles de la préservation de son arrière-cour. Les pays occidentaux et ceux du Golfe avaient comme plan de faire chuter le régime syrien et fragiliser de la sorte l’axe Damas-Téhéran. Une intervention du Hezbollah dans le conflit syrien devenait vitale pour lui. En rompant ses relations avec l’Iran pour la énième fois sous injonction saoudienne, le Maroc prend ainsi le risque de « griller » sa neutralité dans la crise qui oppose Riyad au généreux Qatar. Mohamed Ben Salman ayant reproché à Mohamed VI sa trop grande neutralité sur cette crise. <