Par Hamid Bellagha
La décision du président de la République de surseoir à l’augmentation des taxes sur les produits informatiques et certaines denrées alimentaires a suscité des réactions positives aussi bien au niveau de la population que chez certains partis politiques. Une telle décision, qui a redonné le sourire aussi bien au commerçant qu’au consommateur, aboutira à coup sûr à stabiliser un tant soit peu un marché en proie à une inflation galopante.
L’autre décision de geler l’abandon des subventions à des produits de consommation alimentaire a aussi contribué à… geler le mécontentement social d’une population qui commençait à gronder contre la débandade qui caractérise le marché depuis plusieurs mois.
L’Exécutif vient donc de s’offrir une pause après celle accordée à la ménagère qui bénéficie d’un répit pour permettre à son portefeuille de se régénérer. Une trêve qui reste sous la menace d’une énième perturbation de la machine des prix volatiles. Car si le gel des taxes et l’abandon de l’arrêt des subventions sont, aujourd’hui, synonymes de rémission, l’avenir très proche reste tributaire d’une bonne emprise du gouvernement sur les tenants et les aboutissants d’une crise économique et d’un pouvoir d’achat dont le bout du tunnel est encore loin. Un bout du tunnel qui tardera à se rapprocher tant que les décisions ministérielles ne reflètent aucunement la réalité du terrain.
Le rapport de la commission parlementaire sur la pénurie d’huile de table est révélateur de la cohue qui caractérise la réflexion des cadors du ministère du Commerce. Une réflexion qui aura abouti à des non-sens, comme l’interdiction de vendre la précieuse denrée à des mineurs, la poursuite judiciaire des grossistes qui possèdent un stock appréciable d’huile, le non-paiement de certains producteurs de leur part de subvention du produit et la liste n’est pas exhaustive. Même les fleurons de l’exportation que sont le ciment et le clinker sont menacés par des routiers, pas du tout sympas, qui font régulièrement des opérations escargot paralysant certains ports, notamment ceux de l’est algérien. La raison serait la limitation du tonnage des camions qui dépasse toutes les normes permises, avec comme réclamation des transporteurs une augmentation des prix pour compenser le grignotage du poids des marchandises et, bien sûr, un renchérissement des coûts rendant les produits cités plus haut non concurrentiels sur le marché mondial.
A cela, il faut ajouter la perpétuelle descente aux enfers du Dinar par rapport à toutes les devises, faisant de sa dépréciation, qui aurait dû être un outil de relance économique, un allié inattendu de l’inflation importée et même celle intra-muros.