L’offre de dialogue lancée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’il n’a pas suscité l’adhésion du mouvement populaire qui a exprimé son rejet vendredi dernier, enregistre cependant des appuis parmi la classe politique. Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) de l’ancien ministre de la communication, Mohamed Saïd, fait plus qu’une adhésion à cette perspective de dialogue dont les contours et les participants ne sont pas encore définis.
Le PLJ invite en effet le Hirak à traiter favorablement avec l’offre du chef de l’Etat. C’est ce qu’indique un communiqué du parti rendu public au lendemain de l’investiture de M. Tebboune. A la condition que ce dernier annonce des mesures d’apaisement, une revendication qui ne cesse visiblement d’être posée par l’ensemble des courants politiques de l’opposition.
« Tous les succès acquis par le Hirak en un temps record mettent ses animateurs devant une responsabilité historique, celle de trouver un cadre légal à leur action afin de contribuer à l’instauration du nouveau régime, au lieu de rester dispersés en courants et appartenances idéologiques incompatibles, dominés par la surenchère politique au détriment du réalisme », soutient le parti dans une déclaration.
Le parti, qui a fait état de son adhésion à la main tendue de M. Tebboune dès l’annonce par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) de son élection présidentielle, a ajouté que « l’intérêt national commande de réagir positivement à l’appel du président de la République au dialogue, et de l’aider à mieux écouter les revendications des marches populaires hebdomadaires encore non acquises au processus électoral qui vient de se dérouler ».
Dans son argumentaire, le PLJ estime que « le temps presse face à la dégradation de la situation économique et financière du pays qui ne tolère plus davantage de perte de temps, et de persistance de tension et de divisions nées des circonstances du déroulement de la dernière élection présidentielles et la coopération de tous est impérative». Bien qu’il mette les acteurs du mouvement populaire devant leur responsabilité quant à la nécessité de réunir les meilleures conditions pour une issue heureuse, l’ancien ministre ne manque pas de relever la responsabilité des autorités publiques.
« La plus grande part de responsabilité incombe au pouvoir dès lors que le président de la République jouit de toutes les prérogatives constitutionnelles pour satisfaire les revendications du mouvement populaire, et lancer les chantiers de refondation de l’État… », a-t-il relevé.
Il a exprimé, par la même occasion, sa satisfaction suite à la « la non-reconduction du Premier ministre sortant dans le gouvernement de gestion des affaire courantes et le limogeage du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire ».
Mais pour Mohamed Saïd, l’entame du dialogue ne peut se passer de mesures d’apaisement. « Les engagements annoncés par le nouveau président de la République dans le discours prononcé à l’occasion de la cérémonie de prestation de serment exigent d’être rapidement traduits sur le terrain », a-t-il suggéré. Ces engagements « doivent être précédés par la prise de mesures d’apaisement préalables pour éliminer le climat d’inquiétude perceptible, et ouvrir ainsi la voie à un dialogue national, global et responsable porteur de solutions consensuelles », a encore indiqué le PLJ.