Le plastique représente 87% des déchets collectés au niveau des plages durant la campagne de surveillance et de suivi des déchets marins, lancée par l’Agence nationale de déchets (AND) durant les deux dernières années, a indiqué l’Agence dans son rapport 2020 sur la gestion des déchets en Algérie.

Cette campagne de quantification des déchets et leur classement, réalisée par l’AND avec l’appui des acteurs locaux (directeurs de l’environnement de wilayas, communes, associations…) révèle que les déchets ramassés au niveau des plages sont constitués essentiellement de plastique (87%), tandis que 13% se répartissent entre le papier (7%), le métal (3%), le verre (2%) et le tissu (1%). Le rapport révèle que le tourisme et les mauvaises pratiques de gestion des déchets étaient les principales causes de la pollution marine en Algérie. «Les mauvaises pratiques des estivants conjuguées à une quasi- absence d’une gestion intégrée des déchets sont en grande partie responsables de cette pollution», a déploré l’AND. Les auteurs du rapport affirment, par ailleurs, que le changement du mode de consommation des Algériens accentue l’augmentation des déchets dans le milieu marin d’autant qu’une grande partie des articles trouvés sur les plages sont des articles en plastique à usage unique (66%). «Il s’agit notamment de bouteilles en plastique, de boites de conserves, des cotons tiges et des mégots», ont-ils énuméré, ajoutant que ces déchets d’origine humaine finissent leur course dans le milieu marin et sur le littoral. Outre l’incivisme de certains estivants et le manque d’une gestion appropriée des déchets, les analystes de l’AND pointent du doigt les activités domestiques et industrielles, les déchets jetés directement ou indirectement par les populations aux alentours des plages, les déchets provenant du réseau pluvial ainsi que les décharges sauvages situées sur les lits d’oueds. «Faisant partie intégrante des territoires communaux, les plages et les espaces littoraux des wilayas côtières sont couverts, en matière de nettoyage et d’enlèvement des déchets, par les services de nettoiement communaux. Néanmoins, la multitude d’acteurs et la pression sur ces zones occultent souvent les bases d’une gestion intégrée», ont-ils soutenu.
Quant à la valorisation des déchets marins, l’AND estime qu’il est difficile de recycler des déchets qui ont séjourné en mer, notamment les plastiques, car ces derniers perdent certaines de leurs propriétés en subissant des dégradations physiques, chimiques et biologiques sous l’effet de la chaleur, le sable et la salinité. «Toutes ces dégradations rendent leur identification et tri et leur séparation presque impossible», regrettent les auteurs du rapport. L’AND rappelle qu’avant et durant la période estivale, les opérations de nettoyage sont souvent renforcées afin de garantir des plages propres pour les touristes. Les responsables de la direction de la pêche et des ressources halieutiques (DPRA) d’Alger avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur la pollution marine. Lors des travaux de la 8ème édition de l’opération «Ports et barrages bleus 2021», organisée au niveau de l’Institut national supérieur de pêche et d’aquaculture d’Alger (INSPA) début juin, ces responsable ont fait état de près de 4 tonnes de déchets récupérés durant la dernière campagne de nettoyage des eaux de mer, rien qu’au niveau du littoral algérois. A ce titre, ils ont insisté sur le travail en amont pour prévenir la pollution des plages, notamment à travers la sensibilisation du grand public et des industriels quant à l’impact «dévastateur» de la pollution marine sur les écosystèmes et les ressources halieutiques, en prévenant que les déchets plastiques et solides étaient la principale cause de la réduction des ressources halieutiques en méditerranée. (APS)