Validé jeudi dernier par le Conseil des ministres, le plan d’action du gouvernement sera présenté aujourd’hui devant l’Assemblée populaire nationale (APN). Si le contenu du plan du gouvernement a été diffusé ces derniers jours, c’est sans doute la prestation du Premier ministre Abdelaziz Djerad qui est attendue pour sa première grande sortie publique.

Une première qui ne manquera pas vraisemblablement de faire ressurgir pour le communs des Algériens des souvenirs d’anciens Premiers ministres, aujourd’hui emprisonnés, discourir des feuilles de route qui ont mis la gestion des affaires de l’Etat dans tous ses états avec de lourdes conséquences sur l’économie nationale et des orientations politiques désastreuses.
Des choix antérieurs qui semblent avoir obligé l’Exécutif de Djerad à dédier le premier chapitre de son plan « pour une nouvelle République née des aspirations populaires » qui annonce la refonte du dispositif législatif d’organisation des élections, la moralisation de la vie publique et la refonte de l’organisation et des modes de gestion de l’Etat et de ses démembrements.
C’est ainsi qu’articulé autour du projet de la révision constitutionnelle pour lequel a été installé un comité d’experts, le plan du gouvernement prévoit la révision d’un ensemble de textes législatifs afin de « consacrer les droits et libertés, et ce, à la lumière des nouvelles dispositions qui seront consacrées dans la future Constitution du pays ».
Il s’agit, en vérité, d’un nouvel encadrement dans lequel « les libertés de réunions et de manifestations pacifiques constituent les principaux socles pour le renforcement et la consolidation des libertés démocratiques, qui couronneront le processus de réformes politiques profondes lancées depuis l’élection du Président ». D’autant plus que la question des libertés et du droit de manifester continue de se poser avec acuité dans le sillage des manifestations populaires.
« En tenant compte des évolutions politiques et sociales qu’a connues notre pays, il sera procédé à l’adaptation du cadre juridique régissant les réunions publiques, qui seront désormais soumises au régime de la déclaration », lit-on dans le document. Ce dernier annonce également l’ouverture d’un vaste chantier pour mieux élargir le champ de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et de la liberté de communiquer, mettant en évidence « un exercice libre et apaisé de ces libertés, loin des multiples atteintes qui sont générées par l’évolution exponentielle de l’Internet et l’expansion des réseaux sociaux».
Sur le plan social, l’Exécutif de Djerad a fait état de son engagement pour la consécration de l’action sociale de l’Etat avec la préservation et la consolidation du système de sécurité sociale et de retraite inscrites en tant qu’action prioritaire du gouvernement. Le gouvernement promet également une révision du salaire national minimum garanti (SNMG) pour permettre l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens.
Dans le registre économique où les attentes et les défis sont multiples, c’est manifestement la refonte du système fiscal qui constitue l’ossature des réformes budgétaires et économiques. La copie de Djerad énonce ainsi « l’instauration de nouvelles règles de gouvernance budgétaire, de modernisation du système bancaire et financier et de développement de l’information statistique économique et sociale et de la fonction prospective ». L’on sait désormais, s’agissant du régime fiscal, qu’il sera procédé à la suppression de l’impôt sur le revenu global (IRG) pour les revenus mensuels inférieurs à 30 000 dinars.
Par ailleurs et pour alléger le fardeau fiscal dont souffrent les entreprises, le gouvernement prévoit d’annuler, à court terme, la taxe sur l’activité professionnelle (TAP), tandis que l’impôt foncier « sera révisé en profondeur » dans le cadre de la réforme envisagée, qui redéfinira le financement des collectivités territoriales sans compromettre leur viabilité. Il s’agira dans ce volet d’instaurer une procédure « uniforme » en matière de décisions fiscales dans un but de transparence, de cohérence et de sécurité juridique pour les opérateurs comme il est prévu que le gouvernement procède à une simplification des procédures fiscales au moyen de la suppression des taxes à faible rendement et la révision du système des avantages fiscaux et parafiscaux.
Il s’agira aussi d’instituer de nouvelles impositions « liées au capital et à la richesse, tout en veillant à préserver l’outil de production créateur d’emplois et de valeurs ajoutées et soutiendra les investissements permettant un développement et une croissance économique soutenue, notamment pour les PME et les start-up ». En outre et afin d’améliorer la compétitivité et l’attraction de l’économie algérienne aux investissements directs étrangers (IDE), le gouvernement prendra une série de mesures destinées à rassurer les investisseurs étrangers potentiels.
En tout état de cause, l’oral de M. Djerad est attendu, non seulement en ce qu’il constitue une première pour lui, mais aussi comme une tribune qui lui permettra de dévoiler davantage les fondements de son approche pour une refonte de la gouvernance des affaires publiques souvent mise à l’appréciation des citoyens.