L’activité économique devrait ralentir cette année dans les pays de l’Afrique du Nord sous l’effet de la pandémie de coronavirus. Les experts de la Banque mondiale anticipent une contraction de 4,2% en Afrique du Nord, alors que la pandémie du Covid-19 peine à être endiguée et les cours du pétrole évoluent en dents de scie au-dessous de 45 dollars le baril, lit-on dans un rapport publié par l’institution de Bretton Woods.

Plus tôt cette année, en avril, dans son rapport de suivi de la situation économique en Algérie, elle avait prévu une forte contraction du PIB réel de l’Algérie en avril dernier, sous l’effet du double choc coronavirus-chute des cours du brut. La croissance du PIB devrait se contracter de -3% cette année, contre une croissance positive de 0,9% en 2019 et 1,4 en 2018. Ce sont les contreperformances du secteur pétrolier et gazier qui tirent vers le bas la croissance globale. Le secteur pétrolier a enregistré une contraction moyenne moindre durant l’année 2019 par rapport à l’année précédente (-4,9 % contre -6,4 % en 2018). Parallèlement, la croissance de l’activité hors hydrocarbures a atteint 2,6 % au cours de la même période, en baisse par rapport à 3,3 % en 2018. La Banque mondiale ne fait que confirmer ses prévisions de récessions rendues publiques en avril. Elle vient d’être confortée dans ses pronostics par les premières estimations de l’Office national des statistiques pour le 1er trimestre de l’année. En effet, l’organisme officiel en charge de l’information statistique a rendu publique, hier, sa note de conjoncture sur l’évolution de l’activité industrielle durant les trois premiers mois de l’année dans laquelle il alertait sur le déclin continue du secteur des hydrocarbures. L’activité industrielle dans ce secteur, de surcroit névralgique et conditionnant la croissance de nombreux autres secteurs, a reculé de 3,3% de janvier à mars 2020. Ce repli de la production s’explique essentiellement par une baisse de 3,9% de la branche « pétrole brut et gaz naturel » et une chute de 11,9% de celle de « liquéfaction du gaz naturel », explique l’Office national des statistiques dans sa note de conjoncture évaluant l’évolution de la production industrielles durant les trois premiers mois de l’année. En mars, alors que la pandémie de coronavirus se diffusait dans les quatre coins de la planète, le Fonds monétaire international anticipait une baisse de -5,2% de la croissance en Algérie, frappée de plein fouet par le double choc coronavirus-chute des prix du pétrole. Les prix du Brent, pétrole de référence pour le Sahara Blend algérien, avait chuté à 16 dollars le baril en mars, alors que la référence américaine, le WTI, avait séjourné en territoire négatif pendant plusieurs jours. Selon la Banque mondiale, les recettes d’exportation de l’Algérie devraient se contracter de 51% cette année, ce qui contraindrait le gouvernement à quêter de nouvelles sources de financement. Face à des perspectives pour le moins moroses, le retour de la croissance s’annonce comme un défi majeur pour le gouvernement. Tout comme l’impératif de réduire l’ampleur et la progression rapide des déficits budgétaire et courant exigeant une action urgente de la part des pouvoirs publics, car la dette publique augmente, les réserves devraient s’épuiser en 2021 et des engagements hors bilan sont imminents. Ce n’est pas qu’en Algérie et en Afrique du Nord que la croissance est fauchée par la pandémie du covid-19. Le rapport de la Banque mondiale prévoit également un recul de 2,8% de l’activité économique en 2020 dans la région de l’Afrique subsaharienne. « Les chocs causés par la pandémie en Amérique latine et les Caraïbes entraîneront une contraction de 7,2 % de l’activité économique régionale en 2020 », ont alerté les experts de l’institution de Bretton Woods, ajoutant que l’économie régionale en Europe et en Asie centrale devrait également se contracter de 4,7 % cette année, tandis que la quasi-totalité des pays entreront en récession. S’agissant de l’Asie de l’Est et du Pacifique, la croissance dans la région devrait chuter à 0,5 % en 2020, soit le taux le plus faible enregistré depuis 1967, en raison des perturbations causées par la pandémie, selon ces experts. En somme, le Produit Intérieur Brut (PIB) mondial diminuera de 5,2 % en 2020 à cause de la pandémie du Covid -19, alerte la Banque mondiale. <