Le phénomène des coupures de routes à Béjaïa semble reprendre de plus belle. Hier encore, deux routes nationales et non des moindres, ont été, en effet, fermées par des citoyens en colère.

Il s’agit de la RN 75, reliant la wilaya de Béjaïa à celle de Sétif, via Amizour, et la RN 12 menant de Béjaïa vers Tizi-Ouzou et Alger, en passant par la daïra d’Adekar.
La première action de protestation a été enregistrée, hier matin, au niveau de la bourgade d’El Merdj Ouamane, où les habitants du village Taguemount, relevant de la commune d’Amizour, ont barricadé la chaussée pour réclamer le bitumage de la route menant vers leur localité qui se trouverait dans un état piteux.
Les usagers de la RN 75 sont restés sur le carreau durant toute la matinée d’hier, avant l’arrivée sur les lieux de la protestation du président de l’APW de Béjaïa, Mehenni Haddadou. Il aura fallu l’intervention sur le terrain de ce responsable pour que les protestataires daignent libérer cet axe routier. M. Haddadou et ses collaborateurs ont dû s’engager à prendre en charge d’une manière aussi effective que rapide leur principale revendication pour parvenir à convaincre ces manifestants de renoncer à leur action radicale.
« Nous nous sommes déplacés à El Merdj Ouamane pour discuter de vive voix avec nos concitoyens. Nous avons bien écouté leurs doléances auxquelles nous avons proposées des solutions idoines. Une fois convaincus et rassurés de notre soutien, les manifestants ont fini par libérer la route et rentrer chez eux », nous a expliqué, hier, au téléphone, M. Haddadou.
Par ailleurs, dans la daïra d’Adekar, ce sont les habitants de la commune de Taourirt-Ighil qui sont revenus, hier, à la charge, en procédant à la fermeture de la RN 12  au niveau d’Agueni Tilist (Adekar) et Bourbaâtache (El-Kseur). Ici, les villageois protestataires exigent des autorités compétentes la « réouverture immédiate » du siège de leur APC, fermé au lendemain des élections locales du 23 novembre 2017. Ils réclament, en outre, une commission d’enquête sur « la fraude électorale » ayant caractérisé le déroulement du dernier scrutin au niveau de leur commune. Outre le blocage des projets et des salaires des fonctionnaires de cette commune rurale, les habitants de Taourirt-Ighil se trouvent privés des services publics qu’offre leur collectivité locale, tel que l’établissement des documents administratifs, notamment ceux d’état-civil.
Interrogé sur la protestation des villageois de Taourirt-Ighil qui ont bloqué, hier matin, la RN 12, le président de l’APW de Béjaïa a indiqué : « Nous ne pouvons pas nous déplacer à Adekar, puisqu’il existe un pacte de conciliation signé, en présence des autorités de wilaya, entre les deux parties antagonistes, à savoir les élus des deux listes devant siéger au sein de l’APC de Taourirt-Ighil. »