Un recul inattendu des réserves américaines de pétrole a donné de l’élan aux cours du brut mercredi, malgré une décrispation autour de la crise ukrainienne.

Le prix du baril de Brent a progressé de 0,84%, pour clôturer à 91,55 dollars.

La séance avait démarré sans entrain et le Brent menaçait même de repasser sous 90 dollars, avant que le rapport sur l’état des stocks américains n’offre à l’or noir un point d’appui.

Durant la semaine achevée le 4 février, les réserves de brut ont diminué de 4,7 millions de barils, pour s’établir à 410,4 millions, alors que les analystes prévoyaient une hausse de 1,5 million de barils, selon les chiffres publiés mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

Les stocks commerciaux sont ainsi tombés au plus bas depuis 2018, à un niveau inférieur de 11% à la même période de l’an dernier.

« C’était un rapport favorable à la hausse » des prix, a commenté Matt Smith, responsable de l’analyse pétrole chez Kpler.

Selon Bart Melek, responsable de la stratégie matières premières chez TD Securities, le total des stocks de produits pétroliers, brut et raffinés, n’a jamais été aussi faible depuis 2015 aux Etats-Unis. Dès lors, a-t-il conclu, « ce n’est pas une surprise de voir le WTI de nouveau au-dessus de 90 dollars » (il a finalement clôturé sous ce seuil).

La diminution des réserves est principalement due à la hausse des exportations, conjuguée au repli des importations, ainsi qu’à l’accélération de la demande intérieure, qui est actuellement supérieure de 8% par rapport à la même période de 2021.

La demande d’essence, en particulier, a bondi de près de 11% sur une semaine et est supérieure de 16% à son niveau d’il y a un an.

Cette inflexion de la consommation a d’ailleurs poussé les cours des produits raffinés plus haut que ceux du brut, a souligné Matt Smith, les contrats à terme sur l’essence et le fioul domestique gagnant chacun plus de 1% mercredi.

De manière générale, « le spectre du variant Omicron semble s’effacer dans de nombreuses parties du monde, ce qui incite les pays à réduire les restrictions, ce qui pousse la demande de brut », a souligné, dans une note, Louise Dickson, du cabinet Rystad.

Ce courant semble prendre le dessus, bien que se multiplient « les signes selon lesquels les marchés des matières premières ont intégré une désescalade » dans la crise ukrainienne, selon Bart Melek, ce qui tendrait à faire baisser la pression sur les prix.