Les cours du pétrole ont continué de glisser vendredi pour la septième séance consécutive, secoués par les menaces qui planent sur la future demande de brut alors que le Covid-19 continue de se propager. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a fini à 65,18 dollars à Londres, en chute de 1,91% ou 1,27 dollar par rapport à la clôture de la veille.
A New York, le baril américain de WTI pour le mois de septembre, dont c’était le dernier jour de cotation, a cédé 2,15% ou 1,37 dollar à 62,32 dollars.
«La liquidation a continué pour le septième jour d’affilée alors que le marché est saisi par la crainte que le variant Delta du Covid-19 va réduire la demande» de pétrole, a indiqué Andy Lipow.
«Le pétrole a du mal à panser les blessures infligées par les craintes du variant Delta et les inquiétudes concernant la vigueur de la reprise en Chine», expliquait à l’AFP Lukman Otunuga, analyste de FXTM.
La Chine, qui a partagé des chiffres économiques décevants en début de semaine, est un marché capital pour l’or noir puisqu’elle est le deuxième consommateur et le premier importateur de brut au monde.
«L’appréciation du dollar (de l’ordre de 1,25% sur la semaine face aux principales monnaies, ndlr) a également aggravé les difficultés du pétrole», a ajouté M. Otunuga.
Quand le billet vert se renforce, les prix des matières premières libellées dans cette devise en pâtissent.
«Le fait que la Fed ait indiqué qu’elle allait ralentir ses achats d’actifs s’est traduit par une montée du dollar ce qui met la pression sur les prix du pétrole et des matières premières», a ajouté Andy Lipow évoquant la diminution à venir du soutien de la Banque centrale américaine.
«Même la dernière baisse des stocks américains n’a pas pu redonner de l’élan au pétrole», note Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.
Les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont diminué la semaine dernière de 3,2 millions de barils, bien au-delà des attentes des analystes, selon le rapport hebdomadaire publié mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
Signe moins positif pour la demande, les stocks d’essence en revanche ont augmenté de 700.000 barils alors que les analystes prévoyaient une baisse de 2 millions avec les déplacements de l’été.
Carsten Fritsch, de Commerzbank, considère que cette chute des prix, d’environ 7% sur la semaine pour les deux contrats de référence, est «exagérée».
«Les préoccupations sur la demande ne sont pour la plupart que dans l’esprit des acteurs du marché», reprend-il, et «malgré la nouvelle augmentation de la production de pétrole par l’OPEP+, le marché pétrolier n’est pas surapprovisionné, du moins pour le moment.» <