Les prix du pétrole poursuivaient, hier, leur tendance haussière enclenchée la veille, à l’ouverture hebdomadaire du marché. Sur le marché londonien, la référence européenne Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre bouclait la matinée à hauteur de 45,31 dollars le baril, gagnant 0,71% par rapport à la clôture de lundi, alors qu’à New York, l’américain West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en septembre améliorait encore plus ses gains en grimpant de 1,05% pour s’afficher à 42,38 dollars.
Selon des analystes, cette hausse des prix de l’or noir s’explique par l’impact positif produit sur les marchés financiers par les nouveaux programmes de relance économique, Donald Trump ayant signé samedi dernier quatre décrets prévoyant un gel des charges salariales, une allocation chômage prolongée de 400 dollars par semaine, des protections pour les locataires menacés d’expulsion et un report du remboursement des emprunts étudiants.
Mais dans une conjoncture où la demande demeure hésitante sous l’effet d’une pandémie de Covid-19 toujours en éveil, ce sont surtout les efforts fournis par l’Opep qui permettent au marché pétrolier de maintenir la partie de son équilibre retrouvée depuis le 1er mai dernier, date d’entrée de l’accord de réduction Opep+.
Réduction de la production, mais aussi «la grande discipline de production dont fait preuve l’Opep» ces derniers mois, relèvent les mêmes analystes, soutenant que cette conduite «devrait compenser la reprise hésitante de la demande ces derniers temps». Ceci d’autant que même l’Irak, qui a pompé davantage au printemps que le quota prévu, fait des efforts pour opérer un rattrapage. En effet, la ferme volonté de l’Irak de procéder à de nouvelles réductions de production semble renforcer la confiance», estime la même source. Une confiance manifestée par le patron de Saudi Aramco, Amin Nasser, qui s’est dit lundi optimiste quant à la croissance de la demande mondiale sur le pétrole, malgré la pandémie du nouveau coronavirus.
Cette discipline au sein de l’organisation est versée au compte de son alliance avec les pays non-membres, en l’occurrence l’Opep+ et ses coupes massives décidées le 12 avril dernier, portant sur 9,9 millions de barils par jour (mbj) entre mai et juin ( avec un prolongement sur juillet), puis sur 7,7 mbj entre août et décembre prochain, avant de passer à 5,8 mbj à partir de janvier 2021 jusqu’à avril 2022. Cet accord aura promis au marché pétrolier d’être repêché du fonds du puits dans lequel il avait plongé durant plusieurs mois, sous le coup des mesures sanitaires anti-Covid-19, notamment en avril lorsque les prix avaient évolué à des bas qui ne s’étaient plus affichés depuis de nombreuses années.
C’est dire combien cette coopération entre l’Opep et ses alliés est en train de faire ses preuves en matière de régulation d’un marché de brut toujours sous la menace d’une seconde vague de la maladie infectieuse.
Créée depuis déjà 60 ans, l’Opep a déjà vu des situations de crise et n’est pas à sa première expérience du genre dans le cadre de la régularisation des prix. C’est, en fait, grâce à cette expérience que l’organisation a su attirer ses partenaires et d’autres pays aussi vers l’accord de réduction massive qui fait aujourd’hui ses effets en épargnant l’asphyxie au marché. <