Les prix à l’exportation des marchandises en dinars, hydrocarbures compris, ont baissé de 14,3% durant le 1er trimestre 2020, comparé au premier trimestre de 2019. Cette baisse est imputable, bien évidemment, à la chute des cours du brut sur le marché international, amorcée depuis le début de l’année en cours. L’Office national des statistiques souligne à juste titre, dans une note publiée hier, consacrée à l’évolution des prix des produits à l’exportation et à l’importation, que la baisse de l’Indice des valeurs unitaires (IVU) à l’exportation des marchandises (prix à l’exportation) s’explique, essentiellement, par une baisse de 14,8% des prix des hydrocarbures et une baisse également des prix des exportations des produits hors hydrocarbures (PHH) de 8% durant la même période de comparaison. Le cours du Brent, pétrole de référence pour le Sahara Blend algérien, évoluait à 63,65 dollars le baril en moyenne en janvier 2020, à 55,62 dollars en février et à 32,03 en mars de la même année, contre des variations nettement en hausse durant les trois premiers mois de 2019. Le cours du Brent était en effet de 59,41 dollars le baril en janvier 2019, 63,96 dollars en février et de 66,4 dollars le baril en mars de la même année. Cette chute des prix au 1er trimestre 2020, comparée aux variations du 1er trimestre 2019, s’est traduite par une baisse des prix des marchandises à l’exportation, lesquelles sont dominées par les hydrocarbures, qui ont représenté 92,40% des exportations algériennes globales durant les trois premiers mois de l’année en cours. Les exportations algériennes ont connu une baisse de 27% pour totaliser 814,5 milliards de dinars sur les trois premiers mois de l’année en cours contre 1.116,5 milliards de dinars à la même période de l’année précédente, lit-on dans une note statistiques de l’ONS, répercutée par l’agence APS. Il va sans dire que cette baisse entraine de facto une contraction des recettes libellées en dinar. La dépréciation de la monnaie nationale, amorcée depuis le début de l’année en cours, alors que les prix du pétrole étaient en chute, servait essentiellement à augmenter artificiellement la valeur des recettes de la fiscalité pétrolière libellée en dinar. En revanche, les importations du pays se sont élevées à 1.099,3 milliards de dinars au 1er trimestre 2020 contre 1.344,5 milliards de dinars au cours de la même période en 2019, enregistrant ainsi une baisse en valeurs courantes de 18,2%. L’évolution haussière (1,3%) de l’indice des prix à l’importation a été tirée, essentiellement, par les huiles graisses et cires d’origine animale ou végétales (+13,8%), les machines et matériels de transport (+6,2%), boissons et tabacs (+3,4%) et les produits alimentaires et animaux vivants avec (+2,3%). Par ailleurs, d’autres groupes de produits ont connu des baisses de leurs prix à l’importation. Il s’agit, notamment, des groupes de produits des matières brutes non comestibles, sauf carburants (-11%), des combustibles minéraux, lubrifiants et produits connexes (-3,9%) et enfin les produits chimiques et produits connexes (-2,8%). Ces évolutions enregistrées ont conduit à un «creusement» du déficit commercial qui passe de 228 milliards de DA au 1er trimestre 2019 à 284,8 milliards de DA à la même période 2020. Ces résultats du commerce extérieur ont fait baisser le taux de couverture des importations par les exportations de 83% à 74,1% durant la même période de comparaison. En variations annuelles, les prix à l’exportation des marchandises en dinar ont, rappelons-le, baissé de 7,3%, par rapport à 2018, alors que les prix à l’importation ont affiché une légère hausse de 0,9%. Générant l’essentiel des recettes du pays en devises et pesant pour les deux tiers dans le budget de l’Etat, les hydrocarbures continuent de tirer vers le bas l’ensemble des données économiques, du fait, soit de la chute des prix du pétrole ou bien de la baisse des volumes exportés. Les contreperformances de l’activité du secteur de l’énergie ont entrainé une baisse de la croissance global du PIB, des recettes en devises et en dinar et aggravé les déficits budgétaire et courant. n