Où s’arrêtera le Qatar ? C’est la question que tout le monde se pose. Le petit émirat voit les choses en grand. Après avoir obtenu l’organisation de la Coupe du Monde 2022 et abrité les Championnats du Monde d’athlétisme en 2019 (Doha), les Qataris lorgnent sur les Jeux Olympiques 2032. Ils n’ont clairement pas peur de viser haut car il s’agit là de rendez-vous 5 étoiles sudur sport planétaire. Et ce, malgré un problème récurrent : le mercure haut durant l’été au Golfe.

Hier, le Qatar a, officiellement, fait part d son intention d’être hôte des Olympiades 2032 via un communiqué. Si le petit émirat dispose des infrastructures (stades et hôtels notamment) pour pouvoir assurer tout ce qui est lié au confort et au bon déroulement du séjour des délégations et les spectateurs, il y a un gros souci : celui des températures très élevées durant l’été, période habituelle dans laquelle se tiennent les manifestations du genre.
D’ailleurs, lors des derniers Mondiaux d’athlétisme, beaucoup d’athlètes s’étaient plaints des conditions météorologiques dantesques. Certains avaient même abandonné ou renoncé à prendre part aux différentes compétitions. Aussi, il faut noter que le stade où s’étaient déroulées les différentes épreuves n’avait pas vraiment drainé la foule.

Enjeux politico-sportifs
Toutefois, l’enjeu pour le Qatar n’a jamais été purement sportif parce que cette exposition et envie de polariser l’intérêt médiatique et international a plus des visées politiques. En tout cas, il y a d’autres pays qui veulent être la terre d’accueil pour les JO 3032. On citera l’Inde, l’Etat australien du Queensland. Il y aurait même une autre candidature à la forte symbolique qui réunirait les deux Corée à savoir celle de Séoul et Pyongyang. Cela fait du beau monde et des dossiers aussi complexes qu’atypiques pour le Comité Olympique international (CIO).
Ce qu’il faut savoir, c’est que depuis 2014, le mode de postulation pour organiser le rendez-vous quadriennal a changé. Les pays intéressés doivent d’abord rejoindre un « dialogue continu ». C’est ce que le Comité Olympique du Qatar vient de faire en adressant une lettre à l’instance olympique suprême sise à Lausanne (Suisse). « L’annonce d’aujourd’hui marque le début d’un dialogue significatif avec la future commission d’organisation du CIO pour explorer plus avant notre intérêt et identifier comment les Jeux olympiques peuvent soutenir les objectifs de développement à long terme du Qatar », a indiqué, Cheikh Joaan ben Hamad ben Khalifa Al-Thani, bosse de la structure olympique qatarie.

Le CIO comme la FIFA ?
Le frère de l’Emir Cheikh Tamim estime d’ailleurs que « le Qatar a acquis la réputation d’être une destination de classe mondiale pour les grands événements sportifs. C’est cette réputation et cette expérience, ainsi que notre désir d’user du sport pour promouvoir la paix et les échanges culturels, qui constitueront la base de nos discussions avec la Commission.»
Il faut savoir que l’empire gazier a déjà essayé d’obtenir l’organisation des éditions 2016 et 2020 en proposant un déroulement en hiver (mois d’octobre). Mais le CIO avait rejeté la requête car cela aurait chamboulé tout le calendrier et la tradition des joutes qui se tiennent depuis toujours lors de la période estivale (juin – juillet). Sachant que la FIFA a changé ses habitudes en replaçant la Coupe du Monde en hiver (21 novembre – 18 décembre) pour l’édition 2020, le CIO pourrait faire la même « concession ». n