Le ministre de la Communication annonce l’ouverture, à partir de la deuxième quinzaine de ce mois, d’un «large» débat sur l’amendement de la Constitution, avisant d’une mobilisation de l’ensemble des organes du champ audiovisuel et de la presse écrite pour expliquer aux Algériens l’enjeu de cette opération voulue par le président de la République et sur laquelle ils se prononceront le 1er novembre prochain en consultation référendaire

En marge de la séance d’adoption du projet de révision constitutionnelle par l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre de la Communication a, en effet, indiqué qu’à l’issue de cette opération, qui sera close aujourd’hui avec le vote du Conseil de la Nation (Sénat), un «large débat» sera ouvert autour de ce texte portant révision de la Loi fondamentale.
Amar Belhimer a précisé que les discussions seront ouvertes «avec la société civile, les associations, les personnalités, les experts, les partis agréés et toutes les franges de la société algérienne pour les associer au processus référendaire». Il a ajouté que tous les médias écrits et audiovisuels seront mobilisés pour participer et accompagner le débat.
L’annonce du ministre avise de ce que va être l’actualité nationale dans le pays jusqu’au 1er novembre prochain, jour de la votation populaire avec des actions et une information politique qui seront dominées par l’amendement constitutionnel voulu par le chef de l’Etat.
Ce sera en vérité une accélération et une massification de ce que donne à voir actuellement le champ audiovisuel depuis que l’amendement constitutionnel est à l’ordre du jour, une grille informationnelle largement marquée par la thématique relative à la Loi fondamentale.
La presse écrite y sera davantage associée, selon la déclaration du ministre de la Communication, mais l’attention sera nettement plus forte pour les chaînes de télévision privées pour des raisons d’audimétrie. Même si celle-ci n’a pas été mesurée récemment et si de précédentes études ont eu leur importance en dépit des conditions de leur réalisation, il est admis qu’au moins deux chaînes privées, Ennahar et Chourouk News, pour ne pas les nommer, captent un public suffisamment important pour qu’elles soient plus engagées dans la «vente» du pré-texte de la Constitution.
Ces chaînes de télévision, dont la force de pénétration gagnerait à être mesurée par un grand et rigoureux sondage par rapport aux autres médias du même genre et qui font preuve d’ambition d’audience pour certains, par rapport à la Télévision publique également, sont déjà dans une offre éditoriale où l’information sur les opérations politiques et techniques de préparation du référendum est devenue prioritaire. Au point de multiplier les «décrochages» et les «directs» des conférences de presse et des interventions des responsables chargés de ces opérations.
Mardi 8 septembre, Ennahar et Chourouk News ont interrompu leurs couvertures respectives sur les dégâts des inondations spectaculaires de la nuit du lundi 7 septembre à Alger pour un «direct» sur l’activité du chef de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, et la signature avec le ministre de la Santé du protocole sanitaire devant être respecté dans les centres et les bureaux de vote le 1er novembre prochain.
Leur engagement déjà patent ainsi que celui des télés privées concurrentes sera donc plus manifeste lors des émissions spécialisées et des talk-shows aux premières heures de la matinée et en première partie de soirée, deux tranches horaires considérées comme de «grande écoute». D’autant que la «matière» ne manquera pas. M. Charfi occupera le terrain dans les jours et les semaines à venir en supervisant les délégués de l’ANIE dans les wilayas du pays, une opération qu’il a commencée jeudi 10 septembre. Il a déclaré que l’autorité électorale qu’il dirige allait recourir en prévision du référendum à «un nouveau mode d’intervention» en matière de gestion des ressources, de coordination étroite avec les ministères concernés par les élections (Intérieur, Affaires étrangères, Santé, Communication et Finances) permettant à ses membres de bien exercer leurs fonctions.
Les cadres, parlementaires et militants des partis politiques qui ont voté en faveur de l’amendement constitutionnel proclament une «participation efficace» pour la réussite du référendum. Ils ne manqueront pas d’occuper pesamment les plateaux-télés et d’amener à se poser d’ores et déjà la question de quelle manière les rédactions en chef auront à traiter (ou pas) les groupes et les personnalités politiques qui ne sont pas d’accord avec l’amendement attendu ou qui en ont une opinion critique. Une interrogation qui, normalement, devrait préoccuper également l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav).