Qui a dit que le sport algérien était malade ? En tout cas, le ministre de la Jeunesse et des Sports, El-Hadi Ould-Ali, a totalement réfuté ce diagnostic. Et ce, en dépit de toutes les décrépitudes qu’ont connues les disciplines phares dans les évènements sportifs de grande envergure durant le mandat olympique qui prend fin cette année.

Les résultats de l’Algérie lors des CAN de handball dames et hommes 2016, les performances des athlètes lors des Jeux olympiques 2016 de Rio ou encore la déroute des Verts lors de la messe footballistiques 2017 au Gabon, pour ne parler que de ceux-là, ont, décidément, été zappés avec des chiffres globaux pour dresser un bilan de forme sans véritable fond.

«L’Algérie a pris part à plus de 179 manifestations sportives durant l’année passée. Les athlètes et clubs algériens ont récolté 249 médailles d’or, 274 argent et 22 bronze», a égrainé El-Hadi Ould-Ali. Le palmarès de babioles est sorti pour essayer de décorer la façade et une vitrine vides de titres majeurs. Pour le premier responsable du mouvement sportif en Algérie, la récolte n’est pas si mal que ça. Le résultat global est «positif» malgré «quelques imperfections». Le successeur de Mohamed Tahmi à la tête du MJS a sorti du formol des exploits qui se comptent sur les doigts d’une seule main. Quatre podiums majeurs sur lesquels il a essayé de monter pour sortir la tête de l’eau du naufrage que vit l’Algérie des sports depuis quelques temps. Les «deux médailles de bronze mondiales en boxe et lutte et surtout les deux médailles d’argent lors des JO-2016 à Rio» restent les seuls lueurs dans un tableau sombre en vérité. Néanmoins, la réalité a rattrapé le boss de la bâtisse sise à la Place d 1er mai 1945 qui a fini par reconnaître que «plusieurs objectifs n’ont pas été atteints» et qu’«une évaluation était en cours». «Nous avons demandé à plusieurs présidents et à des membres de fédérations sportives de se retirer et de ne pas postuler à de nouveaux mandats olympiques», a-t-il dit. N’est-ce pas là une manière «diplomate» d’admettre que le quadriennat olympique dans nombreuses instances a été catastrophique ? Sinon, pourquoi demander aux présidents sortants de ne plus se représenter aux élections fédérales ? En outre, il utilise le mot «plusieurs» qui prouve que le nombre des structures ayant connu défaillance au niveau résultat est considérable. Contradiction. Le constat du membre du gouvernement intervient dans une période de transition qui s’annonce délicate et décisive pour les années à venir. À l’approche des élections dans les différentes fédérations (certaines sont même en cours), les sorties médiatiques du ministre sont de plus en plus de nombreuses. Parfois on a l’impression que le responsable numéro 1 ne sait plus à quel saint se vouer pour cacher la misère d’un département en pleine déperdition malgré les gros moyens financiers qui y sont consacrés par l’Etat. L’échec est manifeste, cuisant et on ne peut le nier avec les discours. C’est avec les exploits qu’on peut faire oublier les débâcles car les palmarès sont là pour remédier à l’amnésie. En tout cas, contrairement au sport Dz, Ould-Ali ne recule devant rien.