On ne sait pas si c’est une erreur de communication. Mais Abdelkrim Medouar, président de la Ligue de football professionnel (LFP), a tenu un double discours entre l’interview accordée au quotidien «Liberté» et le verdict définitif annoncé par son instance à propos du ranking final de la Ligue 1 version 2019-2020. Le patron de la LFP avait parlé d’établir un «nouveau» classement après le verdict, rendu vendredi, du Tribunal arbitral du Sport (TAS) de Lausanne. L’instance juridictionnelle a acquitté l’USM Alger dans l’affaire du derby face au MC Alger. Malgré les 3 points du match défalqués au «Doyen», ce dernier est resté… deuxième.

Rien de nouveau sous le soleil. Rien n’a changé. Même si la sortie médiatique de Medouar, intervenue après que le TAS se soit prononcé en faveur de l’USM Alger, laissait croire le contraire. «Nous avons pris acte de la décision du TAS de Lausanne qui nous a transmis effectivement vendredi son verdict. Nous l’acceptons et estimons que l’USMA était dans son droit de défendre ses intérêts, après avoir été déboutée en Algérie. Je précise que les décisions du TAS de Lausanne sont exécutoires. Nous devons donc appliquer la décision», avait réagi, dans les colonnes de Liberté, le successeur de Mahfoud Kerbadj.
L’ancien chairman de l’ASO Chlef a aussi déclaré que lui et ses collaborateur allaient «se réunir afin d’examiner les conséquences de ce verdict sur le championnat de Ligue 1. Nous allons voir ce que dit la réglementation à ce propos.» Et ça s’est fait hier.

À l’indice, rien ne change
Medouar a donné l’ambigüe impression que la sentence en provenance de la Suisse pouvait changer quelque chose au classement définitif décidé en optant pour l’indice du mérite sportif. A savoir : considérer le nombre de points glanés et le diviser sur le nombre des rencontres disputées par chaque club. Surtout que le challenge n’était pas à jour quand il a été arrêté à la mi-mars en raison de la propagation du Coronavirus.
Avec cette opération comptable, improvisée par la FAF afin de boucler la saison 2019-2020 sans aller au terme des 30 journées programmées initialement, le Mouloudia, avec un match en moins et 3 unités de soustraites, restera 2e avec un indice 1.7 point (34/20 matchs joués).
Les «Vert et Rouge» se placent derrière le CR Belouizdad (1.90 = 40/21) et devant l’ES Sétif (1.68 = 37/22) ainsi que la JS Kabylie (1.63=36/22). Pour ce qui est de l’USMA, elle passe à la 6e place avec 32 points de comptabilisés en 21 sorties (1.52).

L’Entente frustrée
Ces chiffres ont été confirmés par la LFP hier en indiquant que «ce classement a été établi aussi sur la base de la règle d’indice de performance des points récoltés et des matches disputés décidé par la FAF. La décision a été notifiée par courrier en date du 30 juillet 2020 (Réf/488/SG/FAF/2020) suite à l’arrêt de la compétition.»
Ainsi, la requête de l’ES Sétif, qui réclamait la seconde place synonyme de participation à la Ligue des Champions UEFA, serait vouée à rester sans suite. La direction de l’Entente avait annoncé la couleur en prévoyant de saisir le TAS pour obtenir gain de cause. Le gros du football algérien semble se jouer dans les tribunaux ces derniers temps. Chacun veut sa propre justice. n

Erratum
Une erreur s’est glissée dans notre édition d’hier dans l’illustration de l’article «L’improvisation de Medouar a coûté cher» en page 11. Nous nous excusons auprès de nos lecteurs pour cette malencontreuse erreur.