Décidément, le président de la FIFA, Gianni Infantino, veut générer un maximum de gains dans le football à l’international. Cela optimisera les finances et permettra aux Fédérations de gagner plus d’argent. Toutefois, dans ses projets, l’Afrique passe clairement au second plan. Surtout quand on sait qu’il veut doubler les Mondiaux et les Euros et diviser la périodicité de la CAN. Son projet est pour le moins «discriminatoire».

Par Mohamed Touileb
C’est une nouvelle déclaration qui confirme la tendance. Infantino ne voit pas en l’Afrique une terre propice pour faire son business. C’est pour cela qu’il la relègue souvent en basse position quand il fait des projections.
Hier, le successeur de Sepp Blatter s’est exprimé au média italien Radio Anch’io Sport. Il a apporté un semblant de précision en indiquant que «la Coupe du monde tous les deux ans n’est pas une demande de ma part, mais du Congrès de la FIFA, qui a demandé une étude de faisabilité. Nous avons fait une étude très sérieuse et du point de vue sportif cela fonctionnerait et l’impact économique serait positif pour tout le monde».

Les contradictions évidentes
L’argument était que ce projet, qui concerne 48 sélections au lieu de 32 actuellement, générera un bénéfice supplémentaire de 3,9 milliards d’euros. Un bonus qui permettrait de créer un Fonds de solidarité des associations membres afin de redistribuer les gains. On parle de 20 millions d’euros de plus dans les caisses des fédérations chaque année. Une façon subtile de «soudoyer» les réticents.
Par ailleurs, l’ancien Secrétaire général de l’UEFA a noté qu’«en Europe, il y a de l’opposition à ce projet mais c’est une façon d’inclure» en estimant que «comme les Coupes du monde, l’Euro pourrait aussi avoir lieu tous les
deux ans». Ainsi, il veut doubler les bénéfices quand, parallèlement, en février 2020, il pensait que la CAN quadriennale pourrait «rendre (la compétition) plus commercialement viable et attrayante au niveau mondial», non sans relever que «les revenus de la CAN sont vingt fois moins importants que ceux de l’Euro».

Le mode opératoire est clairement contradictoire. Cela creuserait encore plus le gouffre de rentabilité.

Il a voulu mettre la CAN en péril…
Décidément, l’Afrique est un boulet dans l’agenda d’Infantino qui se range plutôt du côté du Vieux continent. Là où l’argent à brasser est plus conséquent avec une envie permanente d’avoir les faveurs de l’Europe pour que ses conceptions aient des chances d’être matérialisées. Sinon, comment expliquer le fait qu’il ait fait le forcing pour reporter, voire annuler, la CAN-2021 sous la pression de l’Association des clubs européens (ECA) ? Pour rappel, cette dernière n’a pas trop voulu libérer les joueurs africains pour disputer la compétition de la CAF.
Il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte que l’Italo-Suisse éprouve du mépris pour le foot en Afrique. Pourtant, c’est grâce au soutien de la CAF qu’il a pu être élu à la tête de l’instance planétaire de la balle ronde. Peut-être que ce service a été interprété comme soumission par le concerné. En tout cas, avec l’arrivée de personnes comme Samuel Eto’o dans l’entourage structurel, certaines vieilles habitudes d’allégeance et du «oui-ouisme» risquent de disparaître. Au grand dam des esprits «colonisateurs» qui voient en l’Afrique un continent faire-valoir.