Etre avocat, ça sert pour se sortir des situations compliquées et faire valoir la réglementation en sa faveur. Charaf Eddine-Amara, président de la Fédération algérienne de football (FAF), a tenu deux réunions du Bureau Fédéral en l’espace de 24 heures. Et ce n’était pas anodin. Explications.

Par Mohamed Touileb
Face à la rébellion en interne, Amara a recouru à l’article 37.1 des statuts de la FAF portant sur les décisions du Bureau fédéral. En effet, dimanche dernier, le patron de l’instance a décidé de tenir la réunion du BF du mois de septembre. Une réunion qui a dû être décalée parce qu’il n’était pas en Algérie le 30 septembre dernier, date à laquelle la session mensuelle devait être tenue.
A ce moment-là, 7 des 12 membres du BF ont dénoncé la négligence d’Amara qui n’éprouvait pas de l’importance à son poste. Aussi, les contestataires lui reprochaient de prendre des décisions de manière unilatérale sans consulter ou accorder un droit de regard. Les mécontents ont l’inusable Amar Bahloul et Yacine Benhamza comme leaders. Il s’agit, ni plus ni moins, que des deux vice-présidents de la structure footballistique.

Rupture consommée
Ainsi, tout porte à croire que l’ambiance au sein de la FAF est plus que jamais électrique. Selon certaines informations, les deux vice-présidents se sont rendus au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) pour dénoncer l’attitude d’Amara et sa centralisation du pouvoir. Avant cela, les sept membres avaient décidé de boycotter le BF tenu dimanche dernier en présence de 5 des 12 personnes (quorum simple) qui y siègent. Cela n’a pas franchement perturbé le successeur de Kheireddine Zetchi qui avait déjà un plan de contre-attaque en tête. Conformément à l’article 37.1 portant sur les décisions du Bureau fédéral, Amara a décidé de re-convoquer son BF au lendemain, soit lundi, dans un but bien précis. En effet, l’alinéa en question stipule que « les décisions du Bureau fédéral ne sont valables que si la majorité de ses membres sont présents. Si ce quorum n’est pas atteint, il se réunit valablement le jour suivant quel que soit le nombre des membres présents ». De cette manière, l’ancien président de la SSPA/CR Belouizdad « conformisme » son BF aux statuts de la FAF. Quasi-imparable.

Un avenir tendu
Ainsi, en optant pour cette démarche, Amara essaie de montrer à ses « opposants » qu’il n’est pas du genre à se laisser faire. Si ces derniers ont bien essayé de le déstabiliser par leur nombre pour faire « invalider » le BF en jouant sur la gymnastique statutaire, le premier homme de la balle ronde algérienne a prouvé qu’il était un bon contorsionniste.
Le PDG de Madar Holding a voulu prouver, l’avocat de métier qu’il est, que sa force réside dans sa faculté à exploiter la souplesse des statuts pour consolider sa posture.
Cette première bataille a été remportée par Amara. Mais il est clair que d’autres accrochages pourraient survenir dans un proche avenir.
Certes, l’homme fort de la bâtisse de Delly Brahim n’est probablement pas une personne qui connaît les notions et « spécificités » du sport roi en Algérie. Il pourrait grandement voir le septuor en question aller jusqu’à tenter de lui retirer la confiance.
Cependant, sur le plan juridique, il a les facultés pour résister à ce vent de contestation. Et, dans tout cela, c’est le foot Dz qui reste le perdant dans une guerre d’égo qui persiste depuis toujours.