Qui croire ? C’est une véritable interrogation. Ils sont les deux principaux responsables du football algérien. D’un côté, il y a Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF). De l’autre, Abdelkrim Medouar, son homologue de la Ligue de football professionnel (LFP). Le premier assure que le retour à la compétition domestique est imminent quand le second envisage l’arrêt définitif. Le flou est total.

Des constats contrastés cachent-ils un manque de communication et de concertation ? La question mérite d’être posée tant les deux discours semblent aux antipodes. On croit savoir que Zetchi a eu le feu vert des autorités pour poursuivre la saison footballistique. C’est, en tout cas, l’information principale qui ressort de la réunion du Bureau Fédéral (BF), tenue hier par visioconférence.
C’était quelques heures seulement après que Medouar, patron de la LFP, a insisté sur la difficulté de reprendre la compétition dans les circonstances sanitaires actuelles. «Personnellement, je pense que nous ne pouvons pas reprendre la compétition. Il sera très difficile pour les clubs de respecter les mesures de prévention et le protocole sanitaire. Nous n’avons pas les moyens des pays européens pour rejouer au football, des centaines de millions d’euros ont été déboursés en Europe pour reprendre. La santé du citoyen doit primer avant toute autre chose», avait-il prévenu sur les ondes de la Radio nationale.
Un indice de déconfinement imminent ?
Le successeur de Mahfoud Kerbadj a même envisagé les décisions à prendre dans le cas où l’exercice est arrêté de manière définitive : «je pense que si la compétition ne reprend pas officiellement, le CRB sera déclaré champion dans la mesure où ce club est le leader de la Ligue 1 . Cela veut dire qu’on va prendre en compte le classement de la 22e journée de la L1. Ça sera le cas pour l’accession et la relégation», s’est-il projeté. Medouar précisera, néanmoins, que «Si le confinement est levé après le 13 juin, il sera possible d’évoquer les prochaines étapes. Mais actuellement ce n’est pas le cas.»
Ainsi, on peut supposer que l’Etat algérien prévoit de déconfiner le pays à partir du 14 juin prochain puisque Zetchi a eu des signaux positifs de la part du MJS de Sid-Ali Khaldi. Toutefois, on ne comprend pas comment l’homme fort de la FAF n’a pas fait part de la nouvelle à Medouar qui a persisté et signé, samedi soir sur le plateau d’une émission de la télévision nationale, sur l’hypothèse de stopper définitivement les épreuves footballistiques. Problème, il ne peut décider que pour les deux paliers pro que sa structure gère alors qu’il y a 8 divisions en tout dont le sort doit être décidé.
En tout cas, continuer le championnat avec ses deux classes professionnelles sera un sacré et dangereux challenge pour les responsables du sport national et du football en particulier. Cela va nécessiter une grande rigueur et de gros moyens médicaux et financiers. Il faudra aussi penser aux déplacements des clubs et l’hébergement. Tout cela requiert de la coordination. Ce qui ne semble pas le fort de ceux qui chapeautent la discipline. En tout cas, pas si l’on confronte les deux constats diamétralement opposés.<