Alors que de nombreux médias algériens ont utilisé le terme «réunion» pour évoquer la rencontre entre Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), et Gianni Infantino, patron de la FIFA, à Yaoundé (Cameroun), il faut savoir que l’entrevue n’avait rien d’officielle. A partir de là, on déduit que le boss de la FAF, candidat pour intégrer le Comité Exécutif (ComEx) de la FIFA, a raté sa principale opération séduction à quelques mois du vote qui se tiendra le 12 mars 2021 à Rabat (Maroc).

A-t-on voulu survendre la campagne de Zetchi en marge de la cérémonie d’ouverture du Championnat d’Afrique de football (CHAN-2021) qui se tient actuellement au Cameroun (15 janvier – 28 février) ? On est plutôt enclin à répondre par l’affirmatif tant le premier responsable de la balle ronde algérienne misait beaucoup sur l’entrevue avec Infantino qu’il a croisé dans le couloir de l’hôtel… après avoir attendu qu’il se pointe.
C’est pour dire que ce face à face, auquel Ammar Bahloul, membre du Bureau Fédéral ayant accompagné Zetchi pour l’occasion, ainsi que le SG de la FAF Mohamed Saâd avaient assisté, n’avait aucun cachet officiel comme le maître des lieux du siège de Dely Brahim l’avait préalablement laissé entendre à son arrivée sur les lieux au micro de la radio nationale : «Nous sommes ici pour l’événement principal qui est le CHAN dont l’ouverture aura lieu demain. C’est l’occasion pour nous de rencontrer nos frères africains et de présenter notre projet. Même le président de la FIFA sera présent et nous allons le rencontrer. Nous essayerons de gagner le plus grand nombre de voix possibles afin de gagner une place parmi les membres de la FIFA. Nous avons parlé avec plusieurs responsables africains. Nous avons programmé des réunions aujourd’hui et demain. Nous retournerons en Algérie le 18 janvier», avait révélé le propriétaire du Paradou AC.

Un petit camouflet pour les élections du ComEx
Le fait de ne pas avoir pu obtenir un entretien en bonne et due forme avec Infantino est, quelque part, un camouflet pour nos représentants qui ont, néanmoins, essayé de se montrer très concernés par les prochaines élections confédérales pour la succession d’Ahmad Ahmad, président de la CAF déchu. C’est pourquoi Zetchi s’est entretenu avec Augustin Senghor (Sénégal), le directeur de campagne de Jacques Anouma qui est absent (Côte d’Ivoire) et Ahmed Yahya (Mauritanie). En outre, il a été aperçu avec le Sud-Africain Patrice Motsepe qui représente le quatuor en lice pour gérer la Confédération africaine de football lors du prochain mandat.
Pour le fauteuil continental, Zetchi n’a pas voulu se présenter sachant qu’il n’a pas franchement la cote. Cela ne l’a pas empêché de priser un des deux strapontins africains au Comité Exécutif de la FIFA. Il aura trois sérieux adversaires à savoir l’Equato-guinéen Gustavo Ndong, Hani Abo Rida (Egypte), qui vise un second mandat, et -surtout- le Marocain Fawzi Lekdjaâ qui risque fortement d’être élu chez lui. La manière avec laquelle Zetchi fait sa campagne laisse vraiment à désirer. Ce qui rend l’éventualité de le voir devenir le second algérien à intégrer l’exécutif de la l’instance planétaire après Mohamed Raouraoua très minime.