La tentative de rébellion d’Amar Bahloul contre le président de la Fédération algérienne de football (FAF) n’est pas passée sans frais pour le premier nommé. En effet, lundi, à l’occasion de la tenue du Bureau Fédéral d’octobre, Bahloul a été informé, par le patron de l’instance, qu’il n’était plus vice-président de l’instance. Cette démarche n’est, bien évidemment, pas faite pour apaiser les esprits.

Par Mohamed Touileb
Jusqu’où ira Charaf-Eddine Amara pour garder son honneur et son aura saufs au milieu des manœuvres visant à le déstabiliser en interne ? Telle est la question que beaucoup se posent. En tout cas, le successeur de Khireddine Zetchi a fait valoir ses pouvoirs en enlevant le statut de vice-président à Bahloul qu’il considérait comme une menace potentielle pour la quiétude de son mandat.
Maouche et le 1er novembre en symbole de «révolution»
Après l’avoir désigné comme «bras droit», l’ancien chairman du CR Belouizdad a décidé d’»amputer» Bahloul. Ce dernier faisait partie des personnages proches de Mohamed Raouraoua puis Zetchi. C’est pour dire que c’est un sacré routier qui connaît les arcanes de la structure footballistique du pays et de la balle ronde Dz en général.
D’ailleurs, il faisait partie des candidats pour briguer la présidence en avril dernier avant de se raviser. La raison est toute simple: il s’est vu promettre un poste de responsabilités duquel il vient d’être dépossédé en faveur de l’emblématique Mohamed Maouche, l’un des joueurs de l’équipe du FLN. Tout cela un jour de 1er novembre. La date la plus symbolique qui puisse exister pour qu’Amara amorce sa «révolution».
Désormais, les autres potentiels membres qui tenteront de brouiller les plans du premier responsable au siège de Dely Brahim réfléchiront par deux fois avant de s’aventurer à bousculer Amara qui a, bien évidemment, l’appui des autorités algériennes. Ces dernières l’ont, par le biais d’élections fléchées, parachuté aux commandes du foot Dz.

Le costume «boss» tant courtisé
Cependant, rien ne dit que Bahloul est mis hors d’état de nuire tant qu’il est présent au sein de l’équipe fédérale dans laquelle il a été élu. Ainsi, Amara n’a pas plus de pouvoir pour l’éjecter de la «team FAF». La présence de l’ancien président de la Ligue de la wilaya d’Annaba n’est pas faite pour anéantir totalement la menace. Le risque de «représailles» devient même majeur désormais.
Tout cela ne sera pas dans l’intérêt de la discipline. Les commandes de la FAF suscitent les convoitises parce que le fauteuil de «numéro 1» confère un rapprochement avec la classe politique sachant la sensibilité du rôle et ce costume «boss» que tout le monde veut endosser. Le malheur est que beaucoup n’ont pas la carrure pour le porter.
Et puis, concrètement, pour pouvoir parader avec, il faut avoir des affinités avec la sphère politique sachant tous les enjeux qu’il y a en la matière. Notamment pour la sélection nationale. Et puis, à ce niveau de gouvernance, rien n’est moins sûr et tout peut aller très vite quand on sait que même le sacre à la CAN-2019 n’a pas suffi pour immuniser Zetchi et prolonger son règne. n