PAR NAZIM BRAHIMI
Plus par la préservation de la pratique politique que par les résultats obtenus à l’occasion du renouvellement des Assemblées locales, le FFS considère «positive» sa participation au scrutin du 27 novembre dernier.
Son premier secrétaire, Youcef Aouchiche, qui a animé, hier, une conférence de presse pour s’exprimer sur cet événement, n’évoque pas moins un contexte «défavorable» à l’exercice politique. «Il n’est un secret pour personne que ces élections locales anticipées se sont déroulées dans un contexte sensible et une ambiance compliquée, dont le marqueur est la persistance de la crise multidimensionnelle que traverse le pays», a pointé M. Aouchiche.
Ce dernier a mis en garde contre la «proportion prise par l’abstention» qui constitue un véritable «danger pour la cohésion sociale et l’unité nationale», relevant que la crise politique a engendré une crise économique et sociale, accusant le pouvoir d’opter pour «la fuite en avant» en imposant des «approches superficielles pour des problèmes de fond qui exigent des solutions sérieuses».
Le responsable du FFS a énuméré à ce propos plusieurs griefs retenus contre la gestion du pouvoir, citant la montée du taux de chômage, l’érosion du pouvoir d’achat des citoyens, la hausse des prix de l’ensemble des produits, mettant en évidence ce qu’il considère comme un danger dans la loi de finances 2020 dans certaines de se dispositions.
Dans ce point relatif au contenu de la loi de finances, le plus vieux parti de l’opposition accuse le pouvoir d’avoir «renoncé aux caractère social de l’Etat et une menace pour la paix sociale nationale».
Sur un autre registre, il a pointé «un recul inquiétant» des libertés publiques, exprimant son indignation de la poursuite des arrestations et des condamnations de militants politiques, estimant que ces pratiques ne font qu’alimenter les courants extrémistes. Pour le FFS, il ne fait point de doute que ces élections sont intervenues dans un «contexte austère» à la pratique politique, voire encourageante à la désaffection de l’acte politique», s‘inquiétant de cette tendance à vider la société de la politique en s’attaquant à toute forme de structuration et d’organisation qui est le socle de toute construction.
«Pour éviter que les choses ne s’aggravent et en phase avec notre responsabilité historique et nationaliste, notre participation à ce scrutin s’inscrivait en droite ligne dans la préservation de l’exercice politique et contre toutes les campagnes de dénigrement qui le ciblaient, tout en veillant à maintenir l’espoir de voir les instruments politiques contribuer à trouver des solutions aux problèmes qui se posent», a-t-il ajouté.
A propos des visées de «dépolitisation» de la société, le responsable du FFS a critiqué le code électoral qui constitue un outil à travers lequel le pouvoir compte affaiblir les partis politiques et la pratique politique, considérant que cette disposition «va nous mener vers le degré zéro de politique. Ajoutant que ce nouvel encadrement réglementaire a «consacré l’individualisme et le tribalisme», ce qui est contraire à la demande de changement que réclament les Algériens». C’est la raison pour le FFS de «réclamer la révision de ce texte porteur de régression», tout en appelant à l’élaboration d’un texte en phase avec les priorités de l’heure et qui considérerait que la solution ne saurait être autre que politique pour une crise éminemment politique. <