Après avoir reporté plusieurs fois le congrès ordinaire du parti pour diverses raisons, entre contexte sanitaire et échéances politiques, la direction du Front des forces socialistes (FFS) compte programmer ce rendez-vous organique dans les prochains mois, pendant l’été, ou au plus tard à la rentrée sociale.

Par NAZIM BRAHIMI
Preuve en est, les deux réunions que vient de tenir la Commission de préparation du congrès national (CPCN) qui semble avoir entamé la préparation du processus après avoir écarté la possibilité d’un énième report. En plus du souci de réunir les meilleures conditions pour un congrès véritablement rassembleur pour une formation politique, marquée par la succession des dissidences et de démissions de ses cadres, l’ordre du jour, qui se précise au sein du plus vieux parti de l’opposition, est visiblement porteur de nouveautés dans l’architecture du parti. Le changement le plus significatif que tranchera ce 6e congrès est directement lié à l’Instance présidentielle du parti, soit la tête du parti, qui pourrait être supprimée ou, tout au moins, réduite à 3 membres après avoir existé depuis 2012 avec 5 membres.
Mise en place lors du congrès de 2012 suite au retrait des affaires du président du parti, Hocine Aït Ahmed, l’Instance présidentielle a trouvé d’énormes difficultés à préserver la cohésion du FFS. Signe des limites de cette option d’une direction collégiale à 5 têtes, les divergences et les luttes de leadership qui ont dominé la vie organique et les instances du parti jusqu’à provoquer une succession d’exclusions et de radiations des rangs du FFS de dirigeants de grande valeur, à l’image de Rachid Halet et de bien d’autres.
Certaines voix, aujourd’hui, sont tentées d’expliquer la permanence de la crise au sein du FFS par les malentendus et les incompatibilités qui caractérisent les rapports entre les membres de cette instance, dont la dernière «succession» en avril 2019 s’est opérée à coups de pugilat quand Ali Laskri, membre de cette instance, a été lynché et prié de quitter le siège national du parti devenu, des jours durant, un espace de violence et de bagarres.
Ces récurrents malentendus, qui ont pris pour certains cas, des proportions de violence indigne d’un parti qui prône la réconciliation, le consensus, l’arbitrage politique des conflits, semblent avoir sonné la fin de ce mode de direction. Le congrès aura ainsi, selon des indiscrétions, soit à trancher la fin de l’Instance présidentielle, soit sa réduction, comme première étape, à trois membres, pour «limiter» le champ de malentendus possibles.
Si cette question d’abandonner l’Instance présidentielle venait à être actée par les congressistes, avec l’amendement nécessaire des statuts du parti, il sera procédé par le même congrès à l’élection du président du parti ou à la désignation par les membres du conseil national, nés du même congrès, du secrétaire général.
Au sein des cadres du parti, c’est visiblement cette option du secrétaire général qui gagne plus d’adhésions en considérant que la reconduction de la même architecture équivaut à «un déni de la réalité». C’est la raison pour laquelle de nombreux militants activent pour une révision des statuts qui signerait l’abandon de cette option de l’Instance présidentielle du FFS qui aurait révélé ses limites.
Cependant, la persistance des divergences parmi les cadres du parti rend encore plus difficile tout consensus autour de l’option à retenir à l’occasion du futur congrès, qui doit d’abord assainir les luttes intestines entre ceux qui siègent dans les instances et rapprocher les avis des uns et des autres. n