Maintenant qu’il a évacué laborieusement la pression que lui a imposée, pendant plusieurs semaines, le choix cornélien de sa participation ou pas aux élections législatives anticipées du 12 juin prochain, auxquelles il a fini par tourner le dos, le Front des forces socialistes (FFS) semble mettre le cap sur son offre politique portant «convention nationale».

PAR NAZIM BRAHIMI
C’est d’ailleurs ce qui a été mentionné dans la résolution du Conseil national extraordinaire de samedi qui, en plus du rejet de la consultation de juin prochain, met sur la table le projet politique du FFS basé sur une offre de dialogue sans exclusive. Le FFS a plaidé, dans ce sens, pour ce qu’il a considéré comme «la voie du dialogue» qualifiée de «la plus appropriée pour sortir de l’impasse actuelle, sans confrontations, facteur de tous les dangers, et ce, conformément à la résolution du 5e Congrès national ordinaire pour la reconstruction du consensus national».
D’autant plus que le plus vieux parti de l’opposition énumère une série de préoccupations, notamment «l’état alarmant du pays sur le plan politique, économique et social, et les menaces qui pèsent sur sa stabilité et sa sécurité» et «l’impact des menaces avérées à ses frontières et des velléités d’interventions extérieures, visant à porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à sa souveraineté».
Estimant que les conditions de la tenue du prochain scrutin législatif du 12 juin «ne sont pas réunies», et que les élections «ne constituent pas la solution à la crise multidimensionnelle que vit le pays», le FFS s’est adressé au pouvoir politique qu’il interpelle pour «prendre les mesures permettant au peuple algérien le libre exercice de son droit à l’autodétermination». Il s’agit, dira-t-il dans la résolution, du «respect des libertés fondamentales, l’accès équitable aux médias à tous les acteurs politiques et sociaux et l’ouverture d’un dialogue sans exclusive comme proposé par la Convention nationale du FFS».
Cette convention définira «un programme politique, économique et social consensuel, avec un calendrier et un contrôle d’exécution, répondant aux revendications populaires», a ajouté le parti. Ce dernier a estimé, à cet égard, que sa résolution «ouvre la voie à une solution pacifique à la crise nationale à laquelle est confronté notre pays, à même de renforcer le front intérieur face à un environnement régional et international agressif, qui menace son intégrité territoriale et sa souveraineté».
Pour y arriver, le FFS dit interpeller les décideurs pour «s’engager dans cette voie historique qui réconciliera le peuple avec ses institutions», faisant part de sa volonté à poursuivre la mobilisation et la poursuite de la campagne d’information et de sensibilisation sur «les enjeux et les défis actuels, en mettant l’accent sur notre projet politique qui conjugue le patriotisme et la démocratie au présent».
Sur le plan organique, le FFS s’attelle à préparer son congrès ordinaire annoncé pour septembre prochain, selon la décision de l’Instance présidentielle du parti, qui promet de «faire de ce 6e Congrès un rendez-vous politique et organique important dans la vie de notre parti et de notre pays».
Avant-hier et dans le sillage de l’annonce de la décision de ne pas prendre part aux législatives, le premier secrétaire Youcef Aouchiche a appelé une nouvelle fois à la réconciliation de tous les membres du FFS dont les tiraillements ont ressurgi à l’occasion de la tenue de cette session extraordinaire du CN marquée par des attaques et des échanges violents entre des militants du parti. n