PAR NAZIM B.
Même s’il préfère temporiser quant à sa participation ou pas aux prochaines locales anticipées, le PT ne se rapproche pas moins de la décision de prendre part à cette échéance puisqu’il n’y voit pas visiblement la contradiction d’un tel choix avec la poursuite de son opposition des options du pouvoir politique.
Le parti de Louisa Hanoune ne cache, cependant, pas la «complexité» de l’équation, compte tenu de plusieurs paramètres. Cela étant, la place qu’occupe ces dernières semaines la question des élections locales dans les structures du PT et les débats qu’elle suscite est à lire comme un indice selon lequel le parti ne voit pas véritablement d’un mauvais œil son engagement dans le jeu électoral.
«Le Comité central a ouvert le débat sur la convocation du corps électoral pour les élections locales. Un débat sérieux, profond, responsable et serein s’en est suivi, tenant compte de la dangerosité de la situation générale, des priorités et souffrances de la majorité du peuple. Mais aussi, de la fermeture et la répression politique en voie de durcissement à travers des projets de textes législatifs qui sont soumis à l’APN qui légalisent la régression sur le terrain des libertés fondamentales», a indiqué le PT dans un communiqué.
Le comité central considère que «le cours politique, économique et social régressif pose la nécessité vitale que s’organise la résistance et la mobilisation des travailleurs, jeunes et larges couches en défense des acquis et réalisations de l’indépendance nationale menacés de liquidation et donc en défense de la nation», peut-on lire dans le même document. Il indique que le comité central a constaté, à la fin de ses travaux, que «jamais discussion autour de la participation ou non à un scrutin n’a pris une telle forme, traduisant la complexité de la situation».
En effet, les arguments plaidant pour la participation tout comme ceux pour la non-participation du parti «sont fondés et légitimes et partent des mêmes soucis, à savoir la participation pourra-t-elle apporter l’aide politique à la majorité pour qu’elle exprime ses aspirations, avec en tête la rupture avec le système hérité du modèle de parti unique, toujours en place, et qui constitue le plus grand danger pour le pays ?», a fait remarquer le PT.
Pour ce parti de gauche qui a boudé les dernières législatives, «les mêmes arguments politiques sont valables aussi bien pour la participation que la non-participation». D’où le dilemme dans lequel se trouve manifestement le PT.
«Bien évidemment, les intérêts du Parti étaient aussi au centre des débats en rapport avec le rétrécissement étouffant du champ de l’expression politique et médiatique, de l’exercice de la politique, des menaces qui pèsent sur le multipartisme combinés avec la responsabilité du parti quant à l’aide politique qu’il doit apporter à la majorité dans sa mobilisation en défense des conditions de sa survie et donc les bases matérielles de la nation», a-t-on expliqué.
Le PT dit, par ailleurs, faire la différence entre les enjeux et la portée du scrutin local et les législatives.
«…A la différence des deux chambres du Parlement qui, dans le cadre du régime actuel, sont une courroie de transmission des politiques de l’Exécutif, les collectivités locales, notamment les APC, ont un rapport direct avec la vie des citoyennes et des citoyens qui ont la possibilité d’interpeller les élus locaux, de se mobiliser pour leur adresser leurs revendications et exigences, le comité central dans le respect des positions qui se sont exprimées, a décidé de faire descendre la discussion autour de la question des élections dans les rangs du parti et avec les citoyens, à la lumière des développements dans le pays», a souligné le PT.