Après avoir annoncé le report de 6e Congrès national ordinaire qu’il prévoit de tenir les 8, 9 et 10 décembre 2022, sans avoir «évoqué les raisons», le Front des forces socialistes (FFS) revient sur ce sujet et donne des explications sur ce report qui, selon les observateurs, n’a pas véritablement surpris les militants dont certains appelaient justement au renvoi.

PAR INES DALI
«Initialement prévues pour les 29, 30 septembre et le 1er octobre de l’année en cours, les assises de ce Congrès seront finalement décalées à la fin de l’année pour garantir une meilleure organisation dans tous les aspects», a indiqué le parti dans un communiqué. Cette décision a été prise «conformément aux attributions édictées par les statuts» du FFS, suite à la réunion tenue lundi dernier par l’instance présidentielle.
«Évidemment, le choix hautement politique et symbolique que de faire coïncider initialement la date du congrès national ordinaire avec la célébration du 59e anniversaire de la fondation du FFS avait impulsé une motivation supplémentaire en nous tous. Cependant, l’esprit éthique, responsable et politique qui a toujours animé notre engagement et fonctionnement, a naturellement dicté l’exigence de ce report. Car il s’agit avant tout d’organiser un Congrès national ordinaire, rassembleur, unitaire et historique qui fera fructifier le riche patrimoine politique légué par notre président, feu Hocine Ait Ahmed, et plusieurs générations de militantes et de militants du FFS», peut-on lire dans la contribution de l’instance présidentielle aux travaux de la session ordinaire du Conseil national du FFS tenue vendredi au siège national du parti.
Pour le FFS, le report du Congrès répond au souci de faire de celui-ci une réussite. «C’est le succès de cette rencontre qui jettera les bases de la réussite des travaux de notre prochain congrès national ordinaire. Les thématiques politique, sociale et organisationnelle que nous arrêterons ensemble à partir d’aujourd’hui (vendredi, ndlr) feront naturellement l’objet d’un large débat au sein de nos structures à tous les niveaux», explique-t-il. Il estime que c’est seulement à travers cette «dynamique politique interne» que le FFS pourra «donner un nouveau souffle» à sa «remobilisation effective à l’échelle nationale, dit-il, tout en accordant un intérêt particulier à l’exigence d’ouvrir ses portes à tous ceux qui partagent avec le parti ses «valeurs et l’idéal du changement démocratique» dans le pays.
Il relève que l’instance présidentielle a pris cette «décision responsable et nécessaire suite à la dernière évaluation faite d’une manière collégiale avec le premier secrétaire national et la CPCN chargée d’organiser ce grand événement politique et organique» et salue «l’immense travail effectué par l’ensemble des structures du parti impliquées chacune selon ses prérogatives et missions», et rend un «hommage particulier et solennel aux fédérations et sections ainsi qu’aux militants à l’échelle nationale qui, malgré la saison estivale et les contraintes multiformes, ont pu accomplir les étapes importantes dans la préparation du prochain congrès».
Le FFS réaffirme son «engagement et détermination à organiser un Congrès digne du capital politique et historique généré par plus d’un demi-siècle de sacrifices, de pédagogie politique et d’engagement patriotique au service de la nation algérienne».
Le plus vieux parti de l’opposition a évoqué, lors de sa réunion, la situation du pays tant sur les plans politique, socioéconomique que géopolitique, dans un contexte régional et international instable et menaçant. Il est revenu sur la rentrée sociale, soulignant que la population «s’apprête à vivre une rentrée particulièrement pénible et insupportable pour les catégories les plus vulnérables». Pour lui, les mesures prises récemment en faveur du pouvoir d’achat «ne sont hélas pas de nature à soulager nos concitoyens qui font face à l’augmentation de tous les prix, à la difficulté à accéder aux services sociaux de base et à la multiplication des pénuries notamment dans le domaine pharmaceutique».
Concernant le monde du travail, il a noté que «le chômage persiste comme une fatalité» y compris parmi les plus formés et diplômés, tout en pointant «le travail précaire et la vague de licenciements qui ne font qu’aggraver les désarroi et le désespoir, estimant que «ce contexte social délétère est devenu un terrain fertile à la prolifération du phénomène du banditisme organisé, des trafics de toutes sortes, des fléaux sociaux». Le FFS, qui se dit fidèle à sa longue lutte pacifique pour l’édification d’un État de droit, de justice et de libertés, renouvelle sa disponibilité à s’engager dans un processus politique consensuel de sortie définitive de la crise.
Sur le plan régional et international, le FFS réitère la nécessité du dialogue national. «La responsabilité historique recommande aux plus hautes autorités du pays d’ouvrir un dialogue national pour dégager un large consensus sur les grandes décisions politique, économique et sociale, qui renforcerait notre souveraineté et prémunirait notre nation des évolutions agressives qui se développent au niveau régional et international», a-t-il noté. n