Le Front des forces socialistes (FFS) a mis à profit la session extraordinaire de son conseil national pour adresser des messages aussi bien sur le remous organique, suscité par sa rencontre avec le président Tebboune, que sur la situation politique du pays et le débat sur les échéances électorales qui se profilent à l’horizon.
En matière d’offre politique, le parti a réitéré son appel à un dialogue inclusif, reprochant au pouvoir en place son «obstination» à ne pas répondre aux revendications de changement démocratique, sans épargner, côté contestation, des «cercles» mus, selon lui, par le désir de contourner l’esprit du mouvement populaire qui a enregistré avant-hier un autre vendredi de mobilisation. «Le dialogue et les conditions de sa réussite sont désormais incontournables car le pays se trouve aujourd’hui dans une situation d’impasse intégrale, du fait avant tout du refus du pouvoir de répondre aux exigences démocratiques, de liberté, de justice et de progrès économique et social de notre peuple, mais aussi de certains cercles qui veulent détourner l’esprit du Hirak afin de pousser à la confrontation et au chaos», a indiqué l’Instance présidentielle du FFS dans une déclaration lue par Hakim Belahcel.
Le FFS a appelé le pouvoir politique «à créer, par des mesures de détente, un climat favorable au dialogue et à l’apaisement, et ouvrir un dialogue sans exclusive afin de trouver une issue consensuelle à la crise multidimensionnelle». Rappelant que le parti a été «partisan du dialogue depuis toujours», la direction du FFS a relevé avoir répondu «favorablement à cette rencontre» avec le président Tebboune, tout en étant consciente qu’elle «susciterait au sein d’une partie de nos militants et sympathisants une certaine réticence, voire de la désapprobation».
Il s’agit d’abord de «sauver notre pays du chaos, et pour cela, il est nécessaire d’interpeller, à chaque fois que nous le pouvons, le pouvoir pour le mettre face à ses responsabilités et de proposer des solutions de sortie de crise», a expliqué le FFS, pour qui «l’esprit de responsabilité et le devoir de lucidité doivent primer sur les postures et les attitude démagogiques certes plus confortables dans l’instant, mais qui au final ne font que le jeu du pouvoir et des partisans du statu quo de tout bord».
Dans sa réaction aux critiques adressées à la direction, le FFS a haussé le ton en s’engageant à continuer à «préserver son autonomie de décision et à agir en pleine responsabilité, afin de donner les prolongements politiques et confirmer son soutien aux revendications de la révolution populaire pacifique».
A l’adresse des membres du Conseil national, l’IP a évoqué les prochaines échéances électorales. «Nous aurons prochainement aussi à débattre des échéances électorales que veut nous imposer le pouvoir. Nous réaffirmons qu’elles ne sauraient constituer une solution à la crise et que les conditions minimales de leur tenue ne sont pas réunies», est-il noté dans sa déclaration. Précisant que «le CN, une fois ces échéances convoquées, aura à en débattre et à prendre position. Mais nous le ferons comme nous l’avons toujours fait, en toute indépendance. Personne ne pourra nous imposer ni notre calendrier ni notre décision».
Autre engagement du FFS, celui de rester «inflexible face à tout désir d’ingérence et d’atteinte à la souveraineté et à l’intégrité de notre pays», exhortant les militants à œuvrer pour «une solution politique par le dialogue sans exclusive et persévérer avec détermination dans cette démarche car elle est la seule voie possible et réaliste». D’autant plus que nous sommes dans «un contexte politique, économique et social alarmant, aggravé par une crise sanitaire et un environnement international en plein bouleversement, faisant peser sur notre pays des menaces directes sur sa sécurité et son intégrité», note le parti. n