La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) temporise sur la position de sa formation par rapport à la prochaine élection présidentielle et préfère s’en tenir pour l’instant au constat de « crise » dans le pays.
Intervenant, hier, à l’occasion des travaux du bureau politique de son parti, organisés à Belfort, à El Harrach, Louisa Hanoune a annoncé que la décision de la participation ou non de son parti « sera prise ultérieurement par le comité central». «Le bureau politique ne pourra pas trancher la question de la participation à la présidentielle, c’est une prérogative du comité central qui sera tenu prochainement», a-t-elle soutenu. Mais en attendant la rencontre du comité central, Louisa Hanoune n’a pas manqué de commenter les questions de l’actualité nationale en adoptant un ton très offensif. Il en est ainsi de sa réaction par rapport à la candidature du président de la République à un 5e mandat. «L’annonce officielle de la candidature du président de la République est la confirmation claire qu’il s’agit d’une crise mortelle du système et non pas une crise d’hommes. C’est-à-dire que pour les partisans du maintien de ce système, le moindre changement, y compris celui du candidat, peut détruire l’équilibre très précaire entre les forces en présence qui soutiennent le maintien de ce système », a-t-elle lancé. Commentant la lettre de candidature du président, la patronne du PT a estimé que son contenu est « imaginaire». Et pour cause. «Si l’on devait prendre en considération le contenu de la lettre, on penserait qu’on est dans une véritable démocratie avec un contrôle du Parlement à l’endroit de l’exécutif et, où l’opposition joue réellement son rôle », a-t-elle noté, avant de lancer : « Si tel était le cas pourquoi alors une conférence nationale ? »
Projet de conférence nationale de Bouteflika, les interrogations de Hanoune
La conférence nationale proposée par le candidat Bouteflika est sujette à interrogations de la part de la première responsable du PT. « Est-ce qu’il s’agit de charger cette conférence nationale auto désignée de débattre des réformes politiques profondes ? », interroge-t-elle, tout en se demandant dans le même temps : «S’agira-t-il se stopper la prédation et le pillage, de corriger l’orientation désertificatrice antinationale, antisociale et compradore depuis 2015, ou alors d’approfondir cette politique et liquider les subventions et les services publics déjà médiocres ? » Sur le même ton offensif, elle lance : « Ceux qui tirent des profits politiques ou économiques du système en place peuvent-ils se faire harakiri en jetant les bases de la démocratie qui assoie la transparence dans la gestion des affaires du pays et qui permet le contrôle politique de cette gestion ?» «La question en elle-même porte une réponse», soutient-elle. Toujours à propos de la présidentielle, Louisa Hanoune n’a pas manqué de cibler le chef d’état-major de l’ANP ainsi que des ministres en exercice. La raison ? « Ils font campagne pour un 5e mandat », s’écrit-elle. «Même le chef d’état-major, lui aussi, est entré dans la campagne politique pour un nouveau mandat pour le président de la République, alors qu’il avait déclaré, il y a quelques jours, que l’Armée ne s’immiscera pas en politique et ne permettra à personne d’entraîner l’institution dans ce domaine». «Ou sont la neutralité de l’ANP et la neutralité des institutions de l’Etat ?» interroge-t-elle, tout en dénonçant dans le même temps « des ministres en fonction qui ont entamé une campagne en faveur du 5e mandat avec les moyens de l’Etat ». La patronne du PT a dénoncé vigoureusement «les pressions exercées sur des travailleurs et des fonctionnaires contraints de signer les formulaires destinés à la candidature du président de la République ». De son avis, «cela traduit la caporalisation des structures syndicales des travailleurs, des syndicats étudiants par les partisans du maintien du système en place». «Les organisations de masse et les unions sont elles aussi sommées de se soumettre à ce même diktat qui traduit un cynisme et une arrogance de la part des partisans de la continuité du système.» «La collecte des signatures pour les candidats à la candidature confirme la décomposition politique qui constitue, désormais, un danger mortel pour la démocratie politique par l’achat et la vente des signatures et les pratiques totalitaires de certains responsables au niveau des administrations locales », lance-t-elle. Avant d’estimer que «les syndicats, les associations et les unions ne sont pas des partis, ce sont des positions individuelles exclusivement et aucun responsable n’a le droit d’exercer une pression sur les consciences et d’imposer aux adhérents de ces organisations de soutenir quelque candidat que ce soit». Dans le même ordre d’idées, Louisa Hanoune a qualifié «d’impossible » la collecte de 2 000 signatures en vingt jours. «C’est du domaine de l’impossible, compte tenu du nombre de communes, d’élus et même de notaires. Même si nos communes devaient travailler jour et nuit, il sera impossible de réussir ces signatures », a-t-elle fait observer.n