Le Parti des Travailleurs (PT) a célébré, hier, ses 32 ans d’existence, un parcours que sa présidente Louisa Hanoune a qualifié d’«épopée politique» tant les combats du parti ne se sont pas estompés depuis qu’il est sorti de la clandestinité, en organisant les 29 et 30 juin 1990, son premier congrès.
La cheffe du PT a indiqué, dans le discours qu’elle a prononcé à l’occasion, que cette célébration se tient sous le mot d’ordre «défense du multipartisme» et du droit à l’organisation politique, associative, syndicale, ajoutant que le contexte exige d’élever le degré de défense des acquis politique, économique et social des Algériens. Louisa Hanoune est revenue sur les luttes de son parti, citant son attachement aux acquis de la révolution et de la souveraineté nationales, ainsi que les «combats menés» avant l’avènement du multipartisme, citant son combat pour la reconnaissance de tamazight comme un constituant de l’identité nationale.
L’oratrice a, également, évoqué l’engagement de son parti pour les droits de la femme, un combat dans lequel elle constitue une figure de proue du temps du parti unique jusqu’à l’ère de l’ouverture politique au lendemain des évènements d’octobre 1988. «Notre combat aujourd’hui est celui de la préservation et de l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens pour une vie digne. Malheureusement, le choix des pouvoirs publics va à l’encontre de nos objectifs», a fait observer l’oratrice, qui souligne que son parti «n’est pas dogmatique, mais porteur d’un programme pratique».
Accordant la part belle au volet socio-économique, Mme Hanoune a mis en garde en estimant que «la situation sociale s’est aggravée à une allure terrifiante», soulignant que «même pendant le terrorisme nous n’avons pas vécu une telle descente aux enfers sur le plan social, alors que l’Algérie était à l’époque endettée et en cessation de paiement et que le FMI et la Banque mondiale dictaient leurs vœux dans nos affaires internes».
Dans sa conclusion, la patronne du PT a réitéré «l’engagement» de sa formation à sauvegarder la défense des acquis de l’indépendance du pays, les droits des travailleurs et des autres couches sociales, la propriété collective et toutes les libertés». Louisa Hanoune a tiré, par la même occasion, sur les membres de l’APN suite à l’adoption à la majorité de l’avant-projet relatif au code de l’investissement, qui «va livrer le pays au pillage étranger au profit des multinationales, alors que ces dernières ne cherchent que de nouveaux marchés pour leurs marchandises frappées par l’inflation, la récession et la saturation du marché mondial», a-t-elle dit. Elle considère que ce projet de loi est «désertificateur pour la production nationale qui devra affronter une concurrence insoutenable, car totalement faussée par les exonérations et autres avantages consentis aux produits étrangers et qui provoquent d’énormes pertes au Trésor public».
«C’est un coup d’une extrême violence porté contre le pays. Ce mode de vote sous forme d’ordonnance, et à huis clos, confirme, à lui seul, la dangerosité du texte pour la production nationale et le pays. En réalité, la seule urgence réside dans la nécessité vitale que s’organise la mobilisation pour empêcher ce rouleau compresseur déclenché une semaine avant la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance nationale», a accusé le parti au lendemain du quitus du Parlement pour le nouveau texte devant régir l’acte d’investir.