PAR NAZIM B.
Le meurtre de Djamel Bensmaïl continue de susciter des réactions des formations politiques, avocats et autres catégories professionnelles. Pour le Parti des travailleurs (PT), le drame survenu à Larbaa Nath Irathen, dans la wilaya de Tizi Ouzou, constitue «un signal d’alarme sans précédent».
Pour le parti dirigé par Louisa Hanoune, «cette tragédie qui, à conditions égales, aurait pu et peut se produire dans n’importe quelle région du pays, est un signal d’alarme sans précédent». C’est la raison pour laquelle le PT s’interroge quant aux mobiles et causes de ce drame qui a choqué le pays. «Comment en est-on arrivé là ? Quelles sont les racines politiques, économiques et sociales d’une telle barbarie ?» «Répondre à ces questions», affirme le PT, «c’est dégager les solutions aux problèmes qui prennent à la gorge la majorité du peuple».
Le parti considère que le drame de l’exécution de Djamel Bensmaïl «ne saurait escamoter la tragédie immense et horrible causée par les incendies, qu’ils soient d’origine criminelle ou non (…) ni taire le débat politique autour des responsabilités politiques, car il y en a, à commencer par l’absence d’anticipation et de prévisions au niveau des institutions, de déficits établis en moyens humains et matériels aussi bien pour la Protection civile que la Direction de la préservation des forêts».
En ce qui concerne la gestion de l’après-incendies, le PT estime nécessaire de «décréter Tizi-Ouzou, Béjaïa et les zones dévastées comme zones sinistrées, ce qui implique entre autres l’approvisionnement immédiat des hôpitaux en médicaments et autres moyens financiers et matériels nécessaires au sauvetage des personnes brûlées». La même formation politique réclame aussi «un plan d’investissements publics intensifs destiné à la reconstruction des habitations, des infrastructures, etc.», et «la restauration de tous les services publics en urgence». Il s’agit aussi, plaide le PT, de procéder au «relogement provisoire des familles sinistrées» et de prendre «des mesures exceptionnelles de préparation de la rentrée scolaire dans les zones sinistrées». Le parti de gauche réclame, également, «l’indemnisation des familles sinistrées à Tizi-Ouzou et autres zones sinistrées en biens matériels, oliviers et arbres fruitiers», ainsi que «l’indemnisation les fellahs, des éleveurs de bétail et de volailles, les commerçants, les artisans…» et l’entame d’une campagne générale de reboisement intensif.
Le PT salue, sur un autre registre, «l’élan de solidarité citoyenne qui a déferlé sur Tizi-Ouzou puis Béjaïa et d’autres wilayas sinistrées suite aux incendies, et qui s’est poursuivie en direction de Tizi-Ouzou après l’atroce assassinat de Djamel Bensmaïl déjouant les manipulations politiciennes». Cet élan de solidarité populaire «magnifique et sans précédent sur le plan de l’aide sociale, une qualité légendaire chez le peuple algérien qui puise au plus profond de ses ressorts l’énergie et la force, pour faire face aux malheurs, s’est de fait, substitué à l’Etat absent sur le terrain de l’assistance sociale aux sinistrés», a souligné le PT.
Ce dernier conclut son communiqué en formulant des exigences économiques, sociales et politiques. Le parti exige ainsi des mesures immédiates de sauvetage des EPE et des entreprises privées étranglées par le confinement dit sanitaire et pour certaines anéanties par les incendies, dans le cadre d’un plan national de reconstruction nationale créateur d’emplois pérennes et de véritable relance économique. Le PT exige aussi «le retrait du projet de loi portant réduction ou suppression des subventions de l’Etat et le projet de loi relatif à l’ouverture du capital (privatisation) des banques et EPE publiques au profit du capital étranger et privé local.
Sur le volet politique, le PT exige des mesures «d’apaisement», citant «la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, de toutes les personnes détenues arbitrairement dans le cadre de la détention préventive à l’instar de Khalida Toumi et Ali Ghediri et plus, généralement, tous les détenus en danger à cause de la propagation de la Covid-19 et de l’absence de moyens humains et matériels pour la combattre au niveau des prisons». n