PAR NAZIM B.
L’Union pour le changement et le progrès (UCP) de Zoubida Assoul a opté pour le boycott des élections législatives du 12 juin prochain emboitant le pas au Parti des travailleurs (PT) et au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui ont tourné le dos à ce scrutin.
« Les prochaines élections législatives du 12 juin 2021 proposées par le chef de l’Etat dans les circonstances actuelles ne peuvent en aucun cas être une solution à la crise », a estimé l’UCP à l’issue de la session ordinaire de son Conseil national.
« Cela ne fera que l’aggraver, d’autant plus que celles-ci ne constituent en aucun cas une priorité pour le citoyen », a jugé le parti qui dit rejeter « aussi bien dans la forme que dans le fond ces élections comme celles qui les ont précédées ».
L’UCP, qui a rappelé n’avoir « jamais participé à des élections depuis son agrément », n’a pas manqué l’occasion pour évoquer le contexte politique actuel, saluant « le retour des marches pacifiques » à travers « la majorité des régions du pays et dans plusieurs capitales du monde par notre communauté établie à l’étranger ». Le parti de Zoubida Assoul a reproché au pouvoir politique d’être resté « accroché à sa feuille de route unilatérale, refusant toute politique d’ouverture pour mettre fin à la crise actuelle qui menace la cohésion et la paix sociales ».
La même formation politique, favorable à une période de transition et à l’amorce d’un processus constituant, met en garde contre ce qu’elle considère comme « l’obstination » du pouvoir à mettre en œuvre sa feuille de route. « Si le pouvoir continue à imposer sa politique de répression au lieu de répondre aux revendications du Hirak populaire, cela risque d’approfondir davantage la crise étant donné le blocage politique et la détérioration inquiétante de la situation économique et sociale du pays, aggravée par les conséquences de la crise sanitaire sur l’emploi et le pouvoir d’achat du citoyen ». Pour l’UCP, « cela démontre l’incapacité du pouvoir à trouver des solutions concrètes pour endiguer la crise vu son mode de gouvernance usé », réitérant « son attachement à une rupture totale et un changement profond du système dans le cadre d’un Etat de droit où règnerait la force de la loi et non pas la loi de la force ». Le parti se déclare ainsi « fidèle à sa vision qui est celle d’instaurer un Etat de droit et d’assurer pacifiquement l’alternance au pouvoir ».
La cheffe de l’UCP avait indiqué, avant même que la position du parti ne soit officiellement connue, que « ces élections ne vont rien régler d’autant plus que les garanties de transparence, la pluralité et la crédibilité ne sont toujours pas réunies au regard des dispositions légales prévues dans l’amendement de la loi électorale et des nouvelles circonscriptions électorales ».
Elle avait estimé que « la nouvelle loi électorale, avec toutes les incohérences qu’elle comporte et le maintien de l’ANIE dans sa composante précédente, ainsi que son fonctionnement, démontrent que rien ne changera aussi bien dans la forme que dans le fond ». Pour Assoul, les « conditions actuelles présagent d’une tendance vers la non-participation de la majorité des électeurs aux législatives du 12 juin ». n