Avec l’annonce, attendue aujourd’hui, de la position officielle de Jil Jadid sur les législatives anticipées de juin prochain, la cartographie de ce scrutin sera entièrement connue entre ceux qui y prennent part et ceux qui ont dit non.

PAR NAZIM BRAHIMI
Bien que l’option que retiendra le parti de Soufiane Djilali, qui a réuni hier son instance de délibération, est celle de la participation au vu de son discours et de son activisme depuis l’entame du processus électoral, il n’en demeure pas moins que son avis va clore le tableau
et marquer les forces en présence lors de ce scrutin.
On sait, en effet, que les partis ayant fait le choix de la participation, notamment ceux du courant islamiste, sont en campagne prématurée comme l’atteste leur activisme particulièrement durant le week-end où ils ne lésinent pas sur l’effort en se rendant un peu partout à travers le pays, à l’image d’Abdelkader Bengrina qui se montre de plus en plus ambitieux. Une ambition vraisemblablement démesurée qu’il doit manifestement mettre à l’épreuve au vu de la très forte présence de ses frères islamistes dans la compétition électorale et celle des anciens partis de ce courant à l’image du Mouvement de la société pour la paix (MSP) et du Front pour la justice et le développement (FJD).
Mais cette ambition de l’ancien candidat à la présidence et éventuellement celle des autres formations du même courant peut compter sur la défection des partis du courant démocratique qui ont préféré tourner le dos aux législatives dans une posture qui n’a pas convaincu plus d’un observateur. Ces derniers appréhendent d’ores et déjà une Assemblée nationale à domination islamiste et que cela pourrait peser sur la nature des votes et des délibérations parlementaires.
D’où la signification que peut prendre le choix de la participation de Jil Djadid dont le président n’a pas cessé de plaider pour l’élection d’institutions avec une légitimité sans tâche, les mettre en situation de contrôler au plus près l’action du gouvernement et lutter avec des lois draconiennes contre tous les actes délictueux. Par ailleurs, les législatives comptent également un autre invité, qui a pour nom Talai El Hourriyet, traversé depuis plusieurs mois par une crise interne absorbée par le choix de la participation qui sera une première dans la jeune trajectoire du parti. « Cette décision découle de la conviction du parti que les élections étaient le meilleur moyen pour sortir de la crise », a déclaré, le président de l’instance chargée de la gestion du parti, Reda Benouenane, à l’issue de la réunion de la session extraordinaire urgente du Comité central du parti, tenue au siège national du parti, à la demande des deux-tiers de ses membres.

Les listes indépendantes en force
En plus de ce qui est attendu à l’issue de ce scrutin au vu des forces en présence, l’échéance annonce d’ores et déjà une forte présence des listes indépendantes. L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a indiqué avoir enregistré jusqu’à mercredi dernier 1 755 listes de partis politiques et 2 898 listes d’indépendants désirant se porter candidat aux élections. Ces chiffres attestent d’une nouvelle tendance dans le champ politique qui reste sans doute faiblement étudié.
Soutenant récemment que « la société civile crée l’équilibre avec la société politique », le président de la République a expliqué « quand la société civile est vivante et positive, elle constitue un bouclier pour le pays ». Ce n’est pas l’avis du MSP, Abderezzak Makri, qui ne cesse de crier à une « volonté d’obstruer les partis politiques à travers des entités issues de la société civile ». Déclarant haut et fort que les « partis qui ont accumulé de l’expérience sur le terrain et dans la gestion des Assemblées sont irremplaçables, y compris pour le bien du pays ».