Le Parti des travailleurs (PT) a fait part, hier, de son soutien à la Confédération des syndicats algériens (CSA) qui compte mener des actions de contestation contre la nouvelle grille indiciaire des salaires de la Fonction publique, plaidant pour une véritable augmentation des salaires.

PAR NAZIM BRAHIMI
La formation de Louisa Hanoune a considéré que la nouvelle grille indiciaire et le régime de rémunération des fonctionnaires ont provoqué déception, colère et levée de boucliers de plusieurs syndicats et, notamment de la Confédération des syndicats algériens (CSA), dénonçant des «augmentations insignifiantes et sans aucun effet sur le pouvoir d’achat des fonctionnaires». Le PT a souligné, dans ce sens, que le relèvement du nombre d’échelons octroyé à chaque poste de travail au lieu du doublement au minimum de la valeur du point indiciaire, demeurée à 45 DA depuis 2007, réclamé par les syndicats, «a eu comme résultat d’infimes augmentations de salaires puisqu’elles seront situées entre 2 000 et 6 000 DA/mois imposables (taxe, IRG)», tout en relevant que cela intervient «au moment où le pouvoir d’achat a été anéanti par la flambée des prix et différentes mesures antisociales contenues dans la Loi de finances 2022».
Et au parti trotskyste de rappeler que toutes les études effectuées par des syndicats autonomes et l’UGTA, ainsi que plusieurs bureaux d’experts, situent à 80 000 DA le seuil minimal des salaires nécessaire pour faire face à la cherté insupportable de la vie, alors que plus de 80% des salariés touchent entre 20 000 et 40 000 DA par mois.
Les mêmes études ont relevé également que «le gel des salaires depuis une décennie, conjugué aux augmentations continues des prix ont paupérisé des pans entiers de la société qui vivent sous le seuil de la pauvreté, voire dans la misère absolue, au point de constituer une menace pour la cohésion sociale et nationale». Des éléments qui feront dire au PT que «les augmentations annoncées par le gouvernement s’apparentent à un mépris à l’égard des travailleurs de la Fonction publique qui ont été déjà choqués, une première fois, par les incidences infinitésimales, sur leur pouvoir d’achat, induites par la réduction de l’IRG». D’où le choix d’apporter son «plein soutien aux différents syndicats qui annoncent des mobilisations unitaires et joint sa voix à tous les appels adressés au gouvernement, afin de retirer ce décret et d’ouvrir des négociations sérieuses sur une véritable augmentation des salaires qui tient compte du coût de la vie et qui permet la préservation de la dignité des travailleurs et leurs familles, ce qui relancera la consommation et donc la production des biens et des services», estimant qu’il s’agit de «l’urgence des urgences».
Le PT a abordé aussi les augmentations décidées récemment au profit des retraités, jugeant que celles-ci «ne répondent pas non plus à leurs aspirations et ne mettent pas fin à leur calvaire». Soulignant que «les revalorisations se situeront entre 860 et 1 500 DA/mois alors que la majorité des retraités vit au seuil de la pauvreté et une grande partie au bord de la déchéance».
A cet effet, le PT dit joindre sa voix à celle des représentants des retraités qui exigent de réelles augmentations pour mettre fin à leur détresse, estimant que «la solution conforme aux intérêts des travailleurs actifs et retraités réside dans la mise en œuvre du principe de l’échelle mobile des salaires et des retraites et leur indexation sur le coût de la vie». Par ailleurs, le PT a indiqué avoir enregistré «positivement» l’annonce des mesures de soutien au profit des producteurs de céréales et légumineuses, l’exclusivité accordée à l’OAIC pour les importations de céréales et la revalorisation de la marge bénéficiaire du prix du litre de lait pour les usines et les distributeurs.
Le PT est revenu également sur la fin annoncée du quotidien Liberté, affirmant qu’il «ne peut s’accommoder de sa mise à mort», considérant qu’«aucune décision ne saurait être irréversible pour peu que se poursuive la mobilisation pour défendre le journal».
Le PT a exprimé également «sa vive préoccupation sur le danger de mort» auquel est exposé le détenu et journaliste Merzouk Touati, emprisonné à Laghouat, à 500 km de chez lui, et qui a «entamé une grève de la faim éprouvante qui dure depuis le 29 mars 2022». <