Le Front des forces socialistes (FFS) a organisé, hier, des élections primaires pour choisir ses candidats aux sénatoriales du 29 décembre prochain. A travers l’urne, le plus vieux parti de l’opposition a donné une leçon de démocratie puisqu’aucune contestation

n’est venue entacher le choix des candidats aux sièges du Sénat, comme cela a été le cas pour de précédentes échéances. A Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira comme à Boumerdès, l’opération électorale s’est déroulée «dans le calme, la transparence et la sérénité». Selon le secrétaire national du parti, chargé de la communication, Jugurtha Abbou, « il y avait une ambiance de fraternité dans toutes les wilayas ». Notre interlocuteur s’est réjoui que le parti parvienne à organiser des primaires « après 18 ans » ; les dernières en date remontent à l’année 2000. En prévision des sénatoriales, le FFS concourra dans sept wilayas. Deux de ses quatre sénateurs seront remplacés, Moussa Tamadartaza de Tizi-Ouzou et Brahim Meziani de Béjaïa.

A Tizi-Ouzou, c’est le vice-président de l’APW, Rabah Menaoum, qui est sorti vainqueur des primaires parmi les 5 prétendants à la course. Menaoum a emporté le scrutin au premier tour avec 207 voix sur les 294. Pourtant, sur ce nombre, 20 élus ne sont pas présentés.
L’ancien P/APC de M’Kira a dépassé de loin ses concurrents, notamment Smaïl Deghoul, P/APC d’Ath Yenni, avec 30 voix, et Youcef Sahli, élu à l’APW, avec 12 voix seulement. Ce dernier était pourtant favori. Quoi qu’il en soit, Rabah Menaoum, dans sa prise de parole à l’issue du dépouillement, dira que « la victoire, aujourd’hui, est celle du parti, le FFS ». Il profitera de l’occasion pour saluer les militants, les élus et les mobiliser en prévision du vote décisif du 29 décembre, malgré la rude concurrence qu’impose cette année la candidature du P/APC indépendant de la commune du chef-lieu, Ouahab Aït Menguellet, soutenu par le RND et d’autres formations politiques.
Dans la wilaya de Béjaïa, où pas moins de 9 candidats aux primaires se sont disputés la représentation du parti aux sénatoriales, c’est Abdennour Derguini qui a remporté la bataille haut la main. L’élu à l’APW a raflé la mise avec 150 voix sur 276 dès le premier tour de l’élection, loin devant le P/APC de Beni Kessila, pressenti au début. Si la concurrence était farouche à Tizi-Ouzou et Béjaïa, ce n’est pas le cas pour Bouira où l’élection s’est transformée en plébiscite après le retrait de la course du P/APC de Cheurfa. Ce qui a ouvert la voie au P/APC de M’chedallah, Kaci Idir. Ce dernier pourtant a plus de mal à gagner le jour J, soit le 29 décembre, à cause de l’ancrage des partis FLN et RND. Quant à la wilaya de Boumerdès, d’où est issu Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle, les primaires ont souri au P/APC de Naciria contre son seul concurrent Salah Bida, actuel fédéral du FFS. Belkacem Banameur est donc le candidat du FFS.
En plus de ces quatre wilayas, le plus vieux parti de l’opposition présentera des candidatures à Alger, Sétif, où les primaires devaient se dérouler dans l’après-midi d’hier, et dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, où l’on compte la candidature unique de la vice-présidente de l’APC de Ksar Sbih. Bien qu’elle n’a aucune chance de l’emporter, cette candidature semble être beaucoup plus politique, histoire de sortir de l’image d’un parti basé uniquement au centre et en Kabylie, qui a collé au FFS pendant plusieurs années.