PAR NAZIM BRAHIMI
Engagement, responsabilité et unité nationale ont constitué l’armature de l’oral de Youcef Aouchiche, premier secrétaire du FFS, qui a tenu, hier au siège du parti, une conférence de presse durant laquelle il a expliqué les motivations du choix décidé la veille par le Conseil national à l’unanimité de participer aux élections locales prévues le 27 novembre prochain.
Le plus vieux parti de l’opposition a ainsi décidé, à travers ce choix, de maintenir sa présence dans les assemblées locales (APW).
Resté sur une position de boycott des législatives du 12 juin dernier, que le parti semble avoir pris sous la contrainte de la rue, le parti du regretté Aït Ahmed a balayé d’un revers de main l’idée de boycotter les locales anticipées de l’automne prochain qui ne semble pas avoir trouvé de défenseurs parmi les membres du conseil national du FFS. S’agissant des motivations qui ont conduit au choix de prendre part à cette échéance, M. Aouchiche, entouré de Hakim Belahcel, membre de l’instance présidentielle, et de Oualid Zanabi, fraîchement désigné à la communication du parti – il succède à Chafaâ Bouaiche, décédé il y près de deux mois, n’a pas lésiné sur les mots pour argumenter le choix du FFS.
La décision de participer aux locales est un engagement de notre parti envers le pays, il a été dicté par «l’attachement» du FFS à l’unité et à la souveraineté nationales, a affirmé M. Aouchiche, qui a ajouté que sa formation politique a considéré comme «choix stratégique» son engagement dans la compétition électorale.
«Quelle que soit notre opposition au système de pouvoir, nous ne céderons rien de notre Etat-nation, de ses constituants et nous n’accepterons jamais toute atteinte à l’unité, la souveraineté de l’Algérie et de son peuple», a-t-il soutenu. «Nous faisons la part des choses, dans nos analyses, entre le pouvoir, le système et l’Etat», a ajouté le responsable du FFS, qui a relevé, par la même occasion, qu’en dépit «d’une situation politique exécrable», le parti a retenu l’option de participation pour «faire échec aux aventuriers» et barrer la route «aux promoteurs des extrémismes», critiquant les «positions préétablies». Il a expliqué, dans le même registre, que le FFS est «conscient» que ce rendez-vous se tiendra dans ce qu’il considère comme «un contexte piège», estimant que «les conditions pour un scrutin libre et transparent ne sont pas réunies», pointant notamment «les atteintes aux libertés».
Il faut noter que Hakim Belahcel a indiqué, à l’entame des travaux de cette session extraordinaire du conseil national, que ces élections locales «devraient être pour nous une opportunité pour prendre le pouvoir local dans les APC et les APW», soulignant que la décision a pour but «d’empêcher les clientèles du pouvoir et les affairistes de torpiller le seul espace démocratique, malgré ses limites et les entraves auxquelles est confrontée la population». Le parti «devra aborder cette question avec lucidité, responsabilité et un sens inouï de patriotisme», tout en ajoutant qu’«il sera d’abord question de faire un diagnostic sans concession sur nos différentes participations, recenser objectivement nos apports, nos atouts et nos manquements», a-t-il conclu.
Après le choix du FFS de prendre part à cette échéance, une position mal reçue par des acteurs engagés dans le mouvement populaire pour le changement, particulièrement en Kabylie, c’est la position du RCD qui suscite la curiosité.
Une inconnue qui sera levée ce week-end dans la mesure où le parti de Mohcine Belabbas va se prononcer le 17 septembre.