Le parquet de Sidi M’hamed a requis hier une peine de 4 ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA ainsi que 4 ans de privation des droits civiques contre le journaliste Khaled Drareni et les deux activistes Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche.

Le réquisitoire a surpris plus d’un au niveau du tribunal algérois où plus d’une quarantaine d’avocats étaient présents pour plaider la cause des accusés.
Et si Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche comparaissaient en toute liberté, ce n’était pas le cas du journaliste, Drareni, qui répondait par visioconférence aux interrogations du juge à partir de sa cellule dans la prison de Koléa.
Aux interrogations du juge, Khaled Drareni a répondu en expliquant n’avoir fait que son travail de journaliste.
«J’ai fait mon travail en tant que journaliste libre et indépendant. J’ai couvert toutes les manifestations y compris celles soutenant le pouvoir», a affirmé Khaled Drareni, qui a ajouté en déclarant : «Quand je fais mon travail, je préserve l’unité nationale et je ne la menace pas».
Il a également précisé que les slogans qu’il publiait sur son compte Twitter accompagnés de vidéos ne portaient pas d’insultes ou de diffamation.
Pour sa part, l’activiste Slimane Hamitouche a répondu aux questions du juge, en mettant en évidence son engagement dans «le combat pacifique».
«Moi, je milite démocratiquement et de manière pacifique pour défendre la cause. L’Algérie reste, pour moi, une ligne rouge…», a-t-il dit.
Les peines requises par le tribunal n’ont pas manqué de susciter la colère aussi bien d’une partie de la corporation de la presse et que des avocats des accusés poursuivis pour «incitation à attroupement non-armé et atteinte à l’unité nationale». «Priver le citoyen de ses droits civils et politiques, n’est-ce pas le rêve de tout système autoritaire», s’est indigné l’avocat, Said Salhi, par ailleurs, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH).
Khaled Drareni a été, pour rappel, arrêté, lui et Samir Benlarbi et Slimane Hamitouch le 7 mars lors d’une marche à Alger et présentés le 10 du même mois devant le juge.
Le journaliste Drareni a été mis sous contrôle judiciaire et les deux militants placés en détention provisoire. En date du 28 mars dernier, le contrôle judiciaire de Khaled Drareni a été annulé en appel pour le placer en détention provisoire.
Des actions de solidarité ont été organisées par des journalistes et professionnels des médias pour réclamer la libération du journaliste.
La solidarité s’est étendue vers l’étranger où des journalistes et des organisations non-gouvernementales activant dans la sphère des médias multipliaient les déclarations et pétitions plaidant la cause du journaliste.
Par ailleurs, le Comité nationale pour la libération des détenus (CNLD) a indiqué que le journaliste Mustapha Bendjama s’est présenté hier au commissariat central d’Annaba où il a été auditionné pour 3 nouveaux dossiers impliquant 4 nouveaux chefs d’accusation, suite à une plainte déposée contre lui par le wali d’Annaba.
A Tizi Ouzou, la comparution de Mohamed Hamali, actuellement détenu, dans une nouvelle affaire, a été renvoyée au 10 aout, selon la même source.
A M’sila, le parquet a demandé de durcir la condamnation des deux détenus, Fares Kahiouche et Hamada Khatibi.
L’exception de ces décisions de justice a émané d’El Oued où le détenu Ayoub Azaoui a quitté la prison pour retrouver sa liberté. <