Ça ne sera pas pour cette année. Le Paris Saint-Germain devra encore patienter pour décrocher le sacre duquel il ne finit plus de rêver. Et ce, depuis l’arrivée du Qatar Sport Investments (QSI), qui pèse 100 milliards de dollars d’actif, en 2011. Ce dernier voulait faire basculer le club dans une nouvelle dimension. Si la domination en France est outrageuse, la conquête de l’Europe a été, encore une fois, avortée.

Si près mais si loin, c’est ainsi que l’on pourra qualifier l’amertume du revers subi par les Parisiens. La 9e tentative pour décrocher la première consécration en Ligue des Champions sous l’ère qatarie n’a pas été au bout. Jamais le team de la capitale française n’avait réussi à atteindre un stade aussi avancé dans l’épreuve interclubs majeure.
Cette année, tout semblait favorable au PSG. Un parcours relativement facile et un mode de compétition raccourci avec des matchs secs à partir des quarts de finale. Trois tests au lieu de 5 habituellement et des adversaires de second rang tel que le Borussia Dortmund, l’Atalanta Bergame et le RB Leipzig avant de se heurter au mastodonte Bayern Munich.

Les premières cruelles
Malgré la difficulté du dernier écueil, Neymar & cie ont osé espérer et croire pouvoir créer l’exploit. Mais il n’en fut rien. Ils ont subi la loi du plus fort connue par les novices auparavant. Contrairement au Borussia, qui a battu la Juventus Turin (3-1) en 1997, aucun prétendant qui postulait au sacre pour la première fois n’a pu tirer son épingle du jeu. Le FC Valence s’est heurté au Real Madrid et au Bayern Munich en 2000 et 2001 dans l’ordre.
Aussi, l’AS Monaco n’a pas pu réaliser de miracle contre le FC Porto en 2004 tout comme Arsenal en 2006 battu par FC Barcelone. Chelsea n’a, lui aussi, pas échappé à la règle en 2008 voyant Manchester United décrocher sa 3e étoile tout comme l’Atlético Madrid évincé par le Real en 2014. Tottenham Hotspurs était la dernière victime en date de cette maxime puisque Liverpool l’avait dominé l’an passé dans l’ultime étape.

Puissance financière, faiblesse footballistique
Grâce à un concours de circonstances, les Parisiens ont pu briser le plafond de verre des quarts qu’ils n’avaient jamais pu passer jusque-là. On se souvient tous de cette remontada essuyée face au FC Barcelone en 2017 à ce stade de la compétition. Elle avait laissé de grosses séquelles. Mais l’argent était là pour précipiter la guérison.
Près de 400 millions d’euros, sur les 1.2 milliard injecté en transferts en 9 ans, pour enrôler deux joueurs : Kylian Mbappé et Neymar en 2018. Ce dernier avait fait cauchemarder le PSG au New Camp en étant le grand artisan de la remontée spectaculaire et du 6-1 infligée par le FC Barcelone. Pourtant, à l’aller, les camarades de Kimpembe avait fait le plus dur. L’invraisemblable même en infligeant un sévère 4-0 au Barça au Parc des Princes. Oui, l’ogre du football français peut tout s’offrir. Les plus grands joueurs et les meilleurs entraîneurs. Mais il y a cette coupe aux grands oreilles qui semblent, plus que jamais, résister aux Cheikhs du Golfe. Dans le même cas de figure, Manchester City, éliminé en quarts par l’Olympique lyonnais et propriété d’un fond d’Abu Dhabi, connaît des difficultés semblables.
L’attente semble donc s’éterniser. José Mourinho, l’emblématique technicien portugais, n’a pas manqué de le relever récemment : « Je pense que c’est un échec qu’ils ne l’aient pas gagnée dans les deux saisons précédentes car depuis cinq ou six ans l’investissement est fou. La liste des meilleurs joueurs qui s’y trouve est incroyable. Depuis combien de saisons Thiago Silva est là, Marquinhos est là, et puis tous les grands, Ibra (Zlatan Ibrahimovic), (Edinson) Cavani, Neymar, (Kylian) Mbappe. C’est, bien sûr, c’est leur rêve et pour la première fois ils arrivent dans ce genre de situation et c’est le genre de match où ces gars-là s’épanouissent normalement, même si je pense qu’en tant qu’équipe, ils ne sont pas dans un autre monde, ce sont des joueurs d’un autre monde », avait-il estimé.

Al-Khelaïfi n’en démord pas
En effet, on parle d’un effectif actuel qui vaudrait plus d’un milliard selon les boites spécialisés. Mais la C1 ne se gagne pas sur le papier. C’est sur la pelouse que tout se joue. Ironie du sort, c’est un ancien sociétaire de la formation de « Paname » qui a l’a privé de la première étoile. En effet, Kingsley Coman et le produit du centre de formation du PSG parti s’épanouir du côté de la Bundesliga. Le chéquier fait tourner les têtes pour s’offrir des vedettes et des joueurs prêts. Cependant, entretemps, on voit filer des footballeurs de talent qui ne peuvent se faire de la place parmi les noms ronflants. C’était le cas du bourreau de cette soirée e du 23 août qui restera certainement en travers de la gorge. « On est tristes. On a fait beaucoup de choses positives cette saison. On est arrivé en finale. On aurait pu marquer 2-3 buts. C’était un match serré. On a perdu, mais on sait que la Ligue des Champions n’est pas une compétition facile. Je suis fier de mes joueurs. On a fait un grand tournoi. On a été proches de gagner. C’est le football. Il faut l’accepter et travailler pour la saison prochaine pour la gagner. On y croit encore plus qu’avant », a réagi Nasser El-Khelaïfi après la finale amère de Lisbonne.
Le boss du directoire a, néanmoins, semblé convaincu de pouvoir se poser sur le toit du Vieux-Continent incessamment. « Je vous promets qu’on va la gagner cette Ligue des Champions », a-t-il lâché. Refrain qu’il répète depuis une décennie. Pour l’instant, la reine européenne ne cède pas aux avances de son club. n