En pleine période pré-électorale, la question de l’école semble visiblement échapper à l’intérêt global, voire au nécessaire débat national, principalement en ces temps de difficile gestation pour une nouvelle Algérie. La crise politique complexe qui continue à secouer le pays, l’installant dans une voie à l’issue incertaine, semble imposer un déréglage qui floute l’horizon. Un flou qui empêche de se projeter et de poser sur la table les vrais problèmes qui entravent le développement de l’Ecole algérienne. Les candidats à la candidature pour la présidentielle, qui semblent nombreux, n’ont manifestement rien à offrir pour faire évoluer un secteur stratégique. L’on préfère ressasser à l’envi sur des histoires surréalistes, comme « la possibilité de voyager sans visa dans cent pays », promis par un candidat, ancien ministre. Le peu de sérieux de ces personnalités est particulièrement parlant sur la dégradation de la qualité du politique dans notre pays. Au même moment, l’Ecole est livrée à elle-même. Les nouvelles émanant de cette structure principale pour la formation de l’homme de demain et l’avenir du pays ne sont pas très réjouissantes. Un élève décède dans l’effondrement d’un mur dans une école à Sétif. Des classes de 50 élèves à Relizane. Des appels fréquents à la grève dans le cycle primaire via les réseaux sociaux. Les conditions de certaines écoles, on le voit, frisent l’intolérable dans un pays qui a fait de la démocratisation de l’enseignement un crédo structurel. Les potentialités de l’Algérie en matière d’éducation et en capacités de scolarisation sont importantes, atteignant les niveaux de beaucoup de pays d’Europe. Mais, paradoxalement, la qualité de l’éducation pèche par un manque flagrant de performances. Et, plus inquiétant, entame une régression remarquée. Ce paradoxe algérien devrait être pris en considération sérieusement afin d’y apporter les corrections qui s’imposent, urgemment. Afin de tirer irrémédiablement profit du gros potentiel existant.