A tout investissement un retour. Le Paradou AC, sociétaire de la ligue 1 algérienne, est en train de cueillir les fruits d’une très rentable politique de formation en poursuivant l’exportation de ses jeunes talents vers le Vieux Continent. Haïthem Loucif et Hichem Bouadoui sont les deux nouveaux éléments à rallier l’Europe. Pour le premier nommé, il devrait finaliser avec le SCO Angers (1 million d’euros) alors que le second s’est engagé avec l’OGC Nice pour une indemnité de transfert estimée à… 4 millions d’euros. Jackpot et record de transfuge algérien vers l’étranger !

Le travail paie. Il paie très bien pour le Paradou AC qui est en train de s’imposer comme le pourvoyeur algérien premium de footballeurs vers l’étranger. Une réputation solide que se construit le club dont le propriétaire n’est autre que Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF). Ce dernier a eu le mérite de croire en ce projet et de le mettre sur pieds pour finir par être récompensé. Après avoir réussi à sortir des joueurs de talents comme Youcef Atal et Rami Bensebaïni dernièrement, la formation de Hydra remet ça avec Hichem Boudaoui et Haïthem Loucif qui vont évoluer en Ligue 1 française avec, respectivement, l’OGC Nice et le SCO Angers. Les deux anciens pacistes auraient rapporté 5 millions d’euros au club si l’on croit les dernières infos mercato : 1 million d’euro contre le banc de sortie de Loucif et 4 millions d’euros pour la vente de Boudaoui.

International, le statut  vertu
Ce dernier est estampillé international algérien et -surtout- champion d’Afrique avec les « Fennecs » en Egypte où s’est déroulée la dernière CAN (21 juin – 19 juillet). Ce qui explique l’indemnité de transfert élevée. Sans oublier son âge puisqu’il n’a pas encore bouclé ses 20 années. Aussi, son coéquipier en club qui devrait rejoindre les « Scocistes » bénéfice du statut d’international. Loucif (22ans) a été aligné en mars dernier contre la Gambie (6e journée des éliminatoires de la CAN 2019). Il faut savoir que le fait de jouer en sélection accroît la cote d’un footballeur. Depuis qu’il est à la tête de la FAF, Zetchi a augmenté l’éventualité de placer des pensionnaires de son sigle chez l’EN. Et on ne peut pas dire que ceux qui ont été retenus manquent de talent quand on voit ce que font les Atal et Bensebaïni au plus haut niveau. On ajoutera aussi Farid El-Melali (22 ans) qui est en train de faire son trou au SCO Angers.

Plus de championnat satellite
Par ailleurs, ce qui interpelle cette fois c’est que le PAC n’est pas passé par la Belgique, habituel championnat satellite pour exposer ses pépites même si Boudaoui et Loucif ont longtemps été annoncés au RSC Anderlecht. Aussi, on rappellera que Bensebaïni et Atal ont d’abord été prêtés à Lierse SK (puis Montpellier HSC) et KV Courtrai, dans l’ordre, avant de rallier l’élite française chez le Stade rennais et l’OG Nice dans l’ordre. Le rendement de ces deux là a sans doute ouvert les portes à leurs compatriotes. Leurs performances ont été un sacré coup de pub pour leur club formateur. Ce qui encourage les directions à faire des offres conséquentes et miser sur le produit Paradou. Cela permettra à Zetchi et son équipe d’être désormais en position de force pour trouver des points de chute à ses académiciens. C’est le cas pour le prêt du meilleur buteur du championnat, Zakaria Naïdji, à Gil Vicente (Portugal).Une formule qui permet au team de Hydra de garder la main sur le goleador.
L’exemple est là. Il démontre, encore une fois, que l’Algérie a la patte de footballeurs. Reste à la façonner, l’épurer et l’exporter. Facile à dire. Difficile à faire dans un professionnalisme de façade.n