L’instance nationale de médiation et de dialogue aura bientôt achevé la mission que ses membres ont accepté d’assumer pleinement. Parmi les points focaux sur lesquels ils se sont engagés pour aller vers une solution qui pourrait mettre un terme à la crise politique qui dure depuis six mois et demi, c’est d’œuvrer à la mise en place de l’instance indépendante qui aura la charge d’organiser l’opération de l’élection présidentielle, du début à la fin, soit de la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats. Pour que le prochain scrutin puisse se dérouler dans les conditions de transparence réclamées par tout le peuple algérien appelé à aller aux urnes, il y a nécessité de revoir la loi électorale. Et c’est le second point important sur lequel s’est engagée l’Instance de médiation que coordonne Karim Younès.
A la question de savoir où en sont les travaux pour l’autorité d’organisation, de préparation, de supervision et de contrôle des élections, Karim Younès a répondu que le projet de loi élaboré pour la mise en place de cette structure sera présenté très bientôt. «Je pense qu’il sera prêt très rapidement, puisque nous n’attendons que quelques réponses et propositions de quelques partis», a-t-il déclaré hier à Reporters. «Je peux affirmer que globalement, le projet de loi est prêt. On pourra très probablement le présenter dans les tous prochains jours. D’ailleurs, nous l’avons déjà présenté les grandes lignes avant-hier [samedi, ndlr]», a-t-il ajouté.
A propos de la révision de la loi relative au régime électoral, une révision qui était devenue impérative au vu des nombreuses propositions qui ont été formulées lors des consultations menées par le panel avec différentes parties, Karim Younès a indiqué que la mouture révisée est quasiment terminée. Le document final sera également présenté très bientôt.
Les deux projets de loi constituent, selon le coordonnateur du panel, la conclusion de l’ensemble des propositions formulées par les partis politiques, les personnalités et représentants de la société civile reçus par l’Instance. Ils seront distribués dans les tous prochains jours à toutes les parties concernées pour qu’elles puissent les étudier, a-t-il fait savoir.
L’Instance de médiation et de dialogue, dont les efforts ont été valorisés hier par le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, est donc sur le point de finaliser le travail qui contribue grandement à l’organisation du scrutin présidentiel. Celui-ci a, en effet, réitéré, dans son discours prononcé à la 4e Région militaire à Ouargla, qu’il faille «aller de l’avant pour rapprocher les points de vue, unifier les visions et trouver des mécanismes à même de concrétiser l’approche insistance, qui consiste en l’accélération de l’organisation des élections présidentielles, notamment en installant rapidement une instance nationale indépendante pour la préparation, l’organisation et la surveillance des élections, qui supervisera toutes les étapes du processus électoral, ce qui requiert également la révision de quelques textes de la loi électorale pour s’adapter aux exigences de la situation actuelle».
Le panel a mis sur rails le projet de loi, en attendant que soit installée l’autorité d’organisation des élections qui ne relève pas de ses prérogatives, selon Karim Younès. «Notre prérogative, c’est de proposer un projet de loi portant création de l’autorité nationale indépendante d’organisation des élections, mais pas son installation», a-t-il précisé.
Pour l’heure, le travail du panel et les résultats sur lesquels il devrait déboucher, à savoir l’organisation de l’élection présidentielle, restent tributaires d’une mesure d’apaisement qui continue de faire l’actualité et sur laquelle tous les partis et toutes les parties consultés insistent, à savoir la démission du gouvernement actuel. S’il semble que les autres mesures d’apaisement ne constituent finalement pas des obstacles – puisque abandonnées selon toute vraisemblance – pour la tenue de la présidentielle, celle du départ du gouvernement Bedoui est une véritable épine dont l’extraction est réclamée par tous.
A propos des menaces de mort dont il a fait l’objet et dont Karim Younès a fait écho durant la matinée d’hier, Saïd Mokadem a expliqué, dans une déclaration à Reporters, que cela a eu lieu sur les réseaux sociaux. «Ce sont des réseaux de personnes qui activent depuis l’étranger qui m’ont cité personnellement. Leurs menaces visent également les autres membres du panel. Ils n’admettent pas qu’il y ait des gens qui sont en faveur du dialogue. Ils usent d’un langage très virulent à l’encontre du panel et de ses membres. Dans leur commentaires, ils sont arrivés à déclarer que nous méritions de mourir», a-t-il précisé, mais sans vouloir trop polémiquer sur la question.n