Le Palais de la culture Moufdi-Zakaria abritera jusqu’au 11 février une exposition de toiles de l’artiste Mohamed Chafa Ouzzani, à l’initiative de la galerie Baya qui organise ce rendez-vous au titre d’une rétrospective mettant en avant plus de vingt ans de carrière.

Une période durant laquelle le style de l’artiste a beaucoup évolué, passant du semi-figuratif à l’abstrait. L’exposition, qui comprend également une dizaine de nouvelles créations du peintre, révèle ainsi le parcours d’un artiste initialement connu comme architecte avant de se consacrer plus spécialement aux arts plastiques. En effet, né en 1967 à Alger, Mohamed Chafa Ouzzani a tout d’abord exercé en tant qu’architecte, concevant plusieurs édifices, avant de se tourner durant les années 1990 vers la peinture en se faisant connaître dans le milieu artistique en exposant des œuvres semi-figuratives. Evoluant cependant assez rapidement vers des peintures plus abstraites, l’année 2011 sera par ailleurs un tournant pour l’artiste, exposant en effet son travail lors de plusieurs manifestations en Algérie et en France. Quant au travail de l’artiste, inspiré, par certains aspects, par les œuvres de M’hamed Issiakhem, une filiation apparaît notamment dans les premiers portraits figuratifs de l’artiste, évoquant des figures tourmentées et usées par des années de terrorisme, et où des visages de femmes apparaissent en filigrane. Le thème récurrent du travail de Mohamed Chafa Ouzzani reste cependant l’architecture, et les évocations des villes. Une large partie du travail exposé par la galerie Baya s’apparente davantage à de « l’archi-peinture », Mohamed Chafa Ouzzani y explorant différents styles architecturaux, allant de la cité orientale à la ville moderne en passant par le mauresque. En effet, exposant actuellement des peintures intitulées « Fragments d’automne », « Égarement » ou encore « Ville solitaire », il s’agit ici d’œuvres réalisées pour la plupart dans un style abstrait, où la couleur mais surtout les formes géométriques sont très présentes ; laissant également apparaître dans « Signes d’antan » et « Signes du temps » la thématique de la sagesse acquise au fil du temps au moyen de dorures en relief qui évoquent des rides parcourant la ville, mais aussi des symboles du patrimoine en détournant des tatouages traditionnels dans des œuvres comme « Impulsion ».