Est-ce le destin des Algériens de subir éternellement toutes sortes de pénuries ? Comment ne pas se poser la question face à la crise que subissent, malgré eux, les citoyens, et dont l’évocation même du sujet devrait faire honte. Le pain, et il faut même l’écrire une seconde fois pour bien sentir l’incongruité de la situation, le pain ! 21 ans après le début du 3e millénaire, l’Algérie se retrouve engluée dans une pénurie d’un aliment «essentiel» à chaque famille. Se procurer un pain ordinaire est devenu ainsi un luxe. Les explications de cette rareté restent encore dans la case «incompréhension» malgré les efforts des concernés. Ces derniers sont avant tout deux camps. Le premier est celui des boulangers. Ces derniers ont leurs arguments. Selon eux, si le pain ordinaire n’est pas disponible c’est pour deux raisons. La première est l’augmentation du prix de la farine dont le prix du quintal aurait augmenté de 50% (3000 DA au lieu de 2000 DA). La seconde raison évoquée est l’arrêt, durant cet été, de certaines minoteries, et qui a engendré un approvisionnement réduit pour les boulangers.
Un autre son de cloche émane du gouvernement. Les boulangers seraient tout simplement des menteurs, tout au mieux, une «catégorie» qui cacherait la vérité à ses clients.
Les responsables du ministère de l’industrie insistent sur le fait que les quantités produites par les minoteries suffisent amplement pour le marché algérien. Selon ce département, la pénurie du pain ordinaire serait tout simplement due à la réticence des boulangers d’acheter la farine au niveau des minoteries, juste pour éviter la facturation.
Dans toute cette histoire, il y a surtout une réalité, la victime c’est encore une fois le citoyen. Si les boulangers sont coupables, alors pourquoi ne pas les sanctionner ? Si le ministère donne de faux chiffres, alors pourquoi ne pas les sanctionner ? Rendre des comptes c’est l’une des bases essentielles pour tout Etat qui se respecte. Les lois de la République (si nombreuses en Algérie, et si peu appliquées) n’ont pas à être brandies épisodiquement, quand certains intérêts sont touchés. Le temps passe, on refait les mêmes erreurs et on recommence.