Il y a quelques jours, le ministre de l’Agriculture annonçait que l’Etat continuera à subventionner uniquement le blé tendre destiné à la production du pain. C’était lors d’une audition au Conseil de la nation. Le représentant du gouvernement précisera ainsi que pour les autres produits fabriqués à base de blé tendre, les producteurs vont devoir payer son prix réel.
Cette nouvelle risque de créer une tension sur le marché de plusieurs produits, entre autres les pâtes alimentaires. La hausse des prix ne va surement pas tarder, et cela va inéluctablement toucher le pouvoir d’achat des citoyens. Le hic dans cette décision gouvernementale, c’est qu’elle survient alors que tout le monde aura constaté, depuis plusieurs semaines (et certains depuis plusieurs mois), la hausse des prix des produits fabriqués à base de blé tendre après une première décision du genre du ministère du Commerce et très vite gelée justement en raison des hausses constatées. Maintenant que les producteurs n’en bénéficient plus, ils ne vont certainement pas hésiter à augmenter les prix.
La première victime est donc le citoyen lambda. Les répercussions ne tarderont sûrement pas à se matérialiser sur le front social. C’est que ce ciblage des subventions concernant l’agro-alimentaire touchera surtout les familles démunies, qui ont déjà beaucoup de difficultés à subvenir à leurs besoins avec les nombreux préjudices suscités par la Covid-19.
Une situation qui relance le débat sur les subventions en Algérie. Avec la double crise (chute des prix du pétrole et sanitaire) dans laquelle se retrouve le pays, la fonte des réserves de change (donc, entre autres, moins de capacités pour importer) implique l’urgence de trouver des solutions. Ces dernières ne devront pourtant pas être appliquées en premier lieu sur les catégories vulnérables. Le ciblage des subventions ne devrait pas être uniquement en relation avec des produits spécifiques. Son «orientation» doit également être spécifique. Les catégories défavorisées n’ont pas à subir des restrictions budgétaires qui devront être appliquées avant tout sur ceux considérés comme classes aisées.