Djamel Ould Abbès ne veut-il pas de la candidature du Premier ministre comme tête de liste de son parti dans la capitale ? Ou a-t-il eu des confidences de la présidence de la République sur le cas Abdelmalek Sellal ? Les interrogations deviennent de plus en plus fondées à entendre le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) insister sur le fait que le poste qu’occupe l’ancien ministre des Ressources en eau suggère une responsabilité.

« On ne laisse pas l’Etat sans gouvernement », a lâché Djamel Ould Abbès. Relancé hier par les journalistes, en marge d’une séance plénière du Conseil de la Nation, consacrée à l’installation des nouvelles structures, le patron du FLN ne s’est pas contenté de rappeler que le Premier ministre n’a pas jusqu’à présent retiré les formulaires de candidature, mais est allé jusqu’à distinguer son cas de celui des autres ministres du gouvernement. «Un ministre qui se porte candidat se retire de son poste, mais le Premier ministre ne gère pas un secteur comme l’Enseignement supérieur ou les Travaux publics desquels on peut s’absenter durant deux mois. Lui, il gère un gouvernement et ce dernier représente l’Etat. C’est pour cela que sa relation est avec le grand patron (Abdelaziz Bouteflika, Ndlr) qui l’a nommé en tant que chef du gouvernement. On n’a pas les choses en main et il est libre. Mais, on ne laisse pas l’Etat sans gouvernement », a ajouté encore le locataire du siège de Hydra. Des propos qui, pour le moins, accentuent la thèse selon laquelle Abdelmalek Sellal n’a pas seulement encore eu le « O.K. » du chef de l’Etat pour se porter candidat aux élections législatives du 4 mai prochain. Mais, plus encore, à l’entendre, l’homme serait peut-être indésirable pour diriger l’Assemblée populaire nationale (APN). L’actuel président de la Chambre basse du Parlement, Mohamed Larbi Ould Khelifa, a déjà déposé son dossier de candidatures au FLN. Ce qui laisse supposer qu’il conduira, lui-même, la liste de l’ex-parti unique à Alger. Et pas que ça. Puisque cela signifie que l’homme veut encore rempiler à son poste de patron de l’Assemblée nationale. Dans ce cas, Ould Abbès a-t-il eu des confidences de la Présidence de la République, et donc du président du parti Abdelaziz Bouteflika, que Abdelmalek Sellal ne serait pas candidat ? Surtout que des sources affirment que le concerné a exprimé son souhait et sa volonté de participer. Il est fort à parier que l’insistance du secrétaire général du FLN sur « la sensibilité » – si l’on peut ainsi dire – du poste de Premier ministre n’est pas fortuite. Lundi à l’hôtel Moncada, il a été même jusqu’à dire que Sellal avait jusqu’au 4 mars pour déposer sa candidature, soit deux mois avant la tenue des élections. Sauf qu’hier, le discours et le ton ont changé. Ould Abbès s’est montré plus tranchant et plus clair en déclarant qu’on ne laisse pas «l’Etat sans gouvernement ». Proche et un des fidèles du président Bouteflika depuis qu’il a accédé au pouvoir, Djamel Ould Abbès ne parle sûrement pas sans raison. Son sort dépend du chef de l’Etat, certes. Mais, rien ne dit aussi qu’il ne sera pas reconduit à la tête du gouvernement, après les législatives, même en cas de non-participation. La nouvelle Constitution, pour rappel, donne le droit au Président de nommer son Exécutif après «consultation» uniquement de la majorité parlementaire, pas plus.