Si le prochain staff gouvernemental est aussi attendu sur les questions régionales, comme peut l’attester l’échange téléphonique qui a eu lieu hier entre le nouveau Premier ministre Aïmene Benabderrahmane et son homologue libyen, il n’en demeure pas moins que les défis économiques semblent bénéficier d’une attention particulière de la part des autorités.

PAR NAZIM BRAHIMI
Il s’agit dans ce sens de réanimer la machine économique doublement impactée par le choc pétrolier et la crise sanitaire en gardant un œil sur le budget qui s’annonce serré et en donnant un coup d’accélérateur à l’activité économique marquée par une mollesse durant la période d’Abdelaziz Djerad remercié au lendemain des législatives.
C’est d’ailleurs le bilan plutôt insatisfaisant de ce dernier qui place son successeur devant une multitude de défis et probablement devant la nécessité de manager autrement la chose publique pour prétendre à de meilleurs résultats.
D’autant plus que ce qui était prévu comme objectifs à court terme n’a pas été réalisé dans différents secteurs, rendant ainsi plus délicate la mission de Benabderrahmane, qui, s’il présente l’atout d’être au fait de la situation financière du pays, n’en est pas moins tenu de réunir un Exécutif à la fois cohérent et potentiellement performant.
Cohérence nécessaire dans la mesure où l’équipe de Djerad a donné, par certains contextes, des signes de «fissures», s’agissant, à titre d’exemple, du secteur de l’industrie pharmaceutique. Potentiellement performant au vu des tensions vécues, à l’image de la crise de liquidités dans les postes, un problème qui persiste depuis plusieurs mois. Mais aussi des tergiversations et autres malentendus autour du secteur de l’automobile et son encadrement réglementaire.

Redonner vie à l’entreprise
Casse-tête des autorités depuis plusieurs années, la situation des entreprises semble bénéficier d’une attention très particulière de M. Benabderrahmane dès les premiers jours de sa prise de fonction au Palais Docteur-Saadane.
La Banque d’Algérie a informé, jeudi, avoir reconduit certaines mesures de soutien en faveur des entreprises, des mesures qui s’appliqueront jusqu’à septembre 2021 et dont l’objectif est de réduire l’impact négatif de la crise sanitaire sur la vie des entreprises. «La Banque d’Algérie a reconduit, pour la quatrième fois, jusqu’au 30 septembre 2021, les mesures d’allègement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers contenues dans l’instruction n° 05-2020 du 6 avril 2020», a-t-on précisé.
Pour ce qui est des mesures d’allègement applicables aux banques, il s’agit de la réduction du seuil minimum du coefficient de liquidité et de la dispense des banques et des établissements financiers de l’obligation de construction du coussin de sécurité, selon la Banque d’Algérie. S’agissant des mesures d’allègement applicables à la clientèle des banques, il est question du report du paiement des tranches de crédit, arrivant à échéance, ou rééchelonnement des créances de la clientèle impactée par la conjoncture induite par la Covid-19. Cela en plus de la poursuite des financements en faveur des clients qui bénéficient déjà des mesures de report ou de rééchelonnement des créances, a souligné la BA.
Par ailleurs, et dans sa quête d’endiguer la crise des liquidités qui persiste, la Banque d’Algérie a mis en place un programme spécial de refinancement, d’une durée d’une année et plafonné à 2 100 milliards de DA, à compter de jeudi 1 juillet 2021. Ce programme spécial de refinancement consiste en des opérations de cession temporaire d’apport de liquidités effectuées à l’initiative de la Banque d’Algérie, qui note que ces opérations portent sur des échéances de douze mois, renouvelables à deux reprises. Le règlement de la BA explique, dans ce sens, que le montant plafond alloué dans le cadre de ce programme, dont la mise en place est assurée par le Comité des opérations de politique monétaire de la BA (COPM) est de 2 100 milliards de DA. Ce programme spécial de refinancement viendra-t-il à bout de la crise des liquidités bancaires. Wait and see.