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Après avoir tenu à le rassurer via les médias, Charaf-Eddine Amara, le nouveau président de la Fédération algérienne de football (FAF), parlera de vive voix au sélectionneur Djamel Belmadi. Cette entrevue est prévue à Doha (Qatar) en marge du tirage au sort, qui se tiendra mardi, de la Coupe des nations arabe 2021. Une compétition à laquelle l’Algérie prendra part avec les joueurs locaux et d’autres évoluant dans les championnats du Golfe. Le nouveau patron de la FAF devra se montrer persuasif face à un interlocuteur qui a laissé planer le flou sur son avenir à la tête de l’EN.

Par Mohamed Touileb
Clairement, Belmadi n’a pas trop aimé ce qui s’est passé avant la tenue de l’Assemblée générale élective (AGE) de la FAF. Le driver des «Fennecs» s’est vu être directement mêlé à ce processus de renouvellement au sommet de l’instance. Et il ne l’a pas franchement apprécié car la sélection a, quelque peu, été instrumentalisée. Ce qui implique qu’elle eût été perturbée. Elle risquait aussi de l’être dans l’avenir.

Des garanties à présenter
Ainsi, Belmadi a décidé de prendre les devants en essayant de mettre ses protégés à l’abri de toutes les manœuvres politico-sportives qui ont caractérisé cette opération intronisation à l’issue de laquelle Charaf-Eddine Amara a succédé à Kheireddine Zetchi. Avec le nouveau boss de la structure footballistique, l’ancien entraîneur d’Al-Duhail (Qatar) n’a pas d’affinités particulières.
Cependant, les deux hommes devront bien tisser des liens pour que la stabilité revienne à l’approche d’importantes échéances. A commencer par les éliminatoires de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. C’est dans cette région du «Golfe» que la première pierre de collaboration entre Amara et Belmadi devrait être posée. Pour cela, il va falloir que le patron de l’instance fédérale accède aux conditions que posera l’ancien international algérien.
Ce dernier veut travailler dans les mêmes conditions que celles avec Zetchi. La revendication principale sera, bien évidemment, que personne ne se mêle de ses choix techniques en plus de laisser les Verts loin des éventuelles «guerres intestines» qui pourraient éclater dans les jours à venir. Notamment celles pour le poste de vice-président sur lequel Amar Bahloul, ancien membre du Bureau Fédéral de Zetchi et reconduit dans celui d’Amara, a les yeux rivés.

Mettre fin aux spéculations sur l’avenir du coach
Il faut dire que Belmadi n’a pas franchement apprécié les conditions dans lesquelles le stage de mars s’était déroulé. Les autorités avaient directement fait appel à l’architecte du succès à la CAN-2019 pour sonder son avis sur le changement à venir aux commandes de la FAF. S’il a répondu favorablement (avait-il vraiment le choix ?) aux invitations du ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Sid-Ali khaldi, et -surtout- celle du président de la République Abdelmadjid Tebboune, Belmadi a laissé transparaître son ras-le-bol de la tournure politique qu’a prise le remplacement de Zetchi.
Celui qui a remplacé Rabah Madjer sur le banc de l’Algérie a même qualifié les conditions ayant entouré le dernier regroupement de «chaotiques». Depuis, qu’il est rentré au Qatar, le coach n’a plus donné de signes. Il n’a d’ailleurs pas réagi à l’élection d’Amara. Une attitude qui a donné lieu à des spéculations autour de son avenir. Un futur qu’Amara veut avec Belmadi. Et il devra se montrer persuasif pour tout aplanir avec le technicien.